Jean-Jacques Milteau: le "papy" français du blues et de la soul

Il prétend que l'harmonica, "c'est l'instrument du voyageur". De la porte d'Italie à la Grande muraille de Chine, d'Irlande à la Louisiane, de la savane zoulou à Saint-Ouen, le "ruine babines" aura conduit Jean-Jacques Milteau aux quatre coins de la planète. Et même sur la scène de l'Opéra de Paris. Cela ne l'a pas empêché de conserver la cheville mince et le cœur gros...
Jean-Jacques Milteau (17 avril 1950)

Ses complices - En plus de 40 ans de carrière, Jean-Jacques Milteau a joué avec, devant et derrière la crème de la crème. Voici quelques noms: Francis Cabrel, Maxime Le Forestier, Charles Aznavour, Didier Lockwood, Florent Pagny, Eddy Mitchell, Richard Bohringer, Jean-Yves, d'Angelo, Barbara, Michel Jonasz, Claude Nougaro, Manu Galvin (guitariste dont JJM dit qu'il est son "alter ego"), Patrick Verbeke mais aussi Little Milton, Mighty Mo Rodgers, Mighty Sam McClain, Gil Scott-Heron, Terry Callier, N'Dambi, Howard Johnson, Michelle Shocked, Demi Evans, Andrew Jones, Michael Robinson, Ron Smyth, n'en jetez plus...

Sa vie, son oeuvre - Soixante et un ans après avoir vu le jour, le 17 avril 1950, dans une famille modeste de la porte d'Italie à Paris, Jean-Jacques Milteau (JJM) est installé dans le paysage harmonical français comme le « papy  du blues », cette « musique du diable » qui, avec la « soul », traverse sa riche carrière musicale. JJM achète son premier harmonica après avoir entendu Bob Dylan, Sonny Terry et, révélation, l'album « Real Folk Blues », un « best of » de Sonny Boy Williamson II. En 1968, un boeuf avec des musiciens sur les marches du Sacré Coeur de Paris l'amène en studio où il croise les routes d'entre autres Renaud, J.J. Goldmann, Barbara et Yves Montand. A partir de 1976, il devient le « sideman » d'Eddy Mitchell qu'il accompagne sur scène tout en participant à plusieurs projets aux côtés de Bill Deraime, Chris Lancry, Alain Giroux, Jean-Pierre Castelain et du groupe Connection. Il enregistre trois vinyles sous son nom pour Le Chant du Monde -- « Special Instrumental Harmonica » (1973), « Blues Harp » (1980) et « Just Kiddin » en compagnie du guitariste Mauro Serri (1983). (1989)--, et se produit abondamment sur scène tout au long des années 80, polissant son éclectisme et sa virtuosité. En 1990 il enregistre « Explorer », recherche sur une utilisation de l¹harmonica diatonique hors des sentiers du blues: la galette lui vaut sa première Victoire de la Musique. En 1992, accompagné du guitariste Jean-Michel Kajdan, JJM assure la première partie des spectacles de Michel Jonasz au Zénith de Paris et en tournée. La même année parait « Blues Live » enregistré essentiellement au club Utopia. Puis en 1994, il publie l'album « Routes », ode à l¹instrument du voyageur. Commence alors une série de concerts qui vont l¹emmener dans plus de soixante pays et jusqu¹à l¹Olympia de Paris en 1999 pour la sortie de « Bastille Blues ». Le guitariste Manu Galvin est désormais le compagnon attitré de tous ses projets. En 2001 sous la houlette de Sebastian Danchin, Milteau enregistre à Memphis au studio Royal de Willie Mitchell. Il y invite quelques « pointures » américaines comme Little Milton, Mighty Mo Rodgers, Mighty et Sam McClain tandis Jay Newland est à la console et le bassiste Laurent Vernerey assure la direction musicale. « Memphis » lui vaut sa deuxième Victoire et la Sacem lui décerne Grand Prix du Jazz. En 2003, nouvelle aventure américaine: « Blue 3rd » voit se côtoyer Gil Scott Heron, N'Dambi, Howard Johnson, Hugh McCracken et Terry Callier. L'année suivante, il interprète à la Maison de la Radio un répertoire de son choix avec l¹Orchestre National de France dans un concert au profit de l¹association Musique et Santé dont il est le parrain. En 2006, c'est « Fragile », une production plus intime sur laquelle sont conviées les chanteuses Michelle Shocked et Demi Evans. Notre Milteau national propose à cette dernière de l¹accompagner sur scène pour une centaine de concerts en France, Espagne, Australie, Nouvelle Zélande et Nouvelle Calédonie. Une autre tournée en compagnie du bassiste Felton Crews et du guitariste Junior Boy Jones, aboutira à l¹album « Live, Hot'n Blue » (2007). Une nouvelle formule, en compagnie des chanteurs Ron Smyth et Michael Robinson apparaît sur le disque « Soul Conversation » en 2008. Enfin en 2011, il crée en compagnie du comédien Xavier Simonin, une adaptation de «L'or » de Blaise Cendrars.

Discographie - "Spécial instrumental" (1973); "Blues Harp et Mojo" (1981), "Just Kidding" (1983), "Blues Harp" (1989), "Explorer" (1991), "Le Grand Blues Band et J.J. Milteau" (1992), "Live" (1992), "Routes" (1994), "Merci d'être venus" (1996), "Blues live" (1998), "Bastille blues" (1999), "Honky Tonk blues (live)" (2000), "Memphis" (2001), "Blue 3rd" (2003), "Fragile" (2006), "Live, hot n'blue (live)" (2007), "Soul conversation" (2008).

Directeur de collection - "Inspiration, 22 Great Harmonica Performances" 1 et 2 (2002 et 2005), "Bon Temps Rouler, La playlist idéale de JJM" (2006), "Bon Temps Rouler, Spécial Alligator" (2008), "Harmonicas" (2009). JJM a par ailleurs collaboré à plusieurs dizaines d'autres galettes et publié plusieurs méthodes d'apprentissage de notre instrument.

Visionnage conseillé - Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, "Joueur de blues, souffleur de rêve", le documentaire de Jean-Marie Pasquier (1996), est incontournable. Je l'ai retrouvé sur un site japonais:www.tudou.com/programs/view/sKpKOzf3QPkidéo/.
Autre vidéo intéressante que je vous propose ici: "Jack The Man", un titre de "Fragile" (2006) où JJM fait équipe avec les suspects habituels, à savoir Manu Galvin à la guitare et Demi Evans au chant.
Contacts:

Les CDs du mois: Jers, Zlap, Gazell et Levy

Plusieurs abonnés à ce blog m'ont demandé pourquoi je ne rendais pas compte régulièrement de l'actualité discographique de notre instrument. Réponse: parce que d'autres le faisaient déjà, et cela bien mieux que je ne saurais le faire. Pour néanmoins satisfaire à l'empressement que certains ont mis à me faire signaler les nouvelles parutions, voici, en quelques lignes et quelques photos, ce qui est sorti --ou doit sortir-- des presses. En vous souhaitant bonne écoute...

Artiste: Filip Jers (Suède)
Titre: "Spiro" ("Je respire" en latin)
Titres composés et interprétés par Filip Jers
Parution: 04 mai 2011 Stockholm
Label: Fojablue Records FRCD01
Vente: Paypal
Phone: (+46) 768.08.25.50
Email: filip.jers@gmail.com
Contacts: site, Facebook, YouTubemyspace
Artiste: Greg Zlap (France)
Titre: "Air"
Parution: 22 mai 2011 Paris
Label: Le Chant du Monde Variété 2742027
Contacts: site, Facebook, myspace
Artiste: PT Gazell (Etats-Unis)
Titre: "Two Days Out"
Parution: mai 2011 Kingston Springs (Tennessee)
Label: MissMax Music 884501525312
Adresse:P.O. Box 271, Kingston Springs, (Tennessee) 37082-0271
Contacts: site, Facebook, YouTube, myspace
Artist: Howard Levy (Etats-Unis)
 Titre: "Rocket Science"
Parution: 17 mai 2011 Etats-Unis
Label: eOne Records


Vidéo de la semaine: quand Estrin se lâche sur son "chro"...

Cela s'est passé en 2007 quelque part en Californie. Rick Estrin, l'harmoniciste de feu "Little Charlie and the Nightcats", se lâche sur son Hohner Super Chromonica 270 (photographié ici à gauche), avec "Smart Like Einstein", une pièce de son cru. Et, l'influence de George Harmonica Smith aidant, ça swingue d'enfer...

DeFord Bailey: la première "star" noire de la musique "country"

C'est l'histoire d'une légende oubliée, puis retrouvée. DeFord Bailey fut le premier harmoniciste noir à atteindre le statut de "star" en se produisant entre 1927 et 1941 au "Grand Ole Opry", une émission de radio "country" qui est toujours à l'antenne chaque samedi soir, 86 ans après sa première diffusion en 1925 depuis Nashville (Tennessee). Cette exceptionnelle longévité dans le temple de la musique "blanche" des Etats-Unis fut brisée par une dispute légale sur ses droits d'auteur de sorte que Bailey termina sa vie comme cireur de chaussures...

DeFord Bailey (14 décembre 1899 - 2 juillet 1982)
Ses enregistrements - En 1927 et 1928, DeFord Bailey a publié sur les labels Brunswick, Vocalion, Victor-RCA et Bluebird. En 1970, il a effectué un certain nombre d'enregistrements "privés" pour Revenant, publiés au début des années 90.
Ses titres de référence - "Fox Chase”, “Old Hen Cackle”, “Ice Water Blues”, “Davidson County Blues"
Sa vie, son oeuvre - Petit-fils d'esclave né en 1899 à Bellwood, dans le Tennessee profond, Bailey commence à jouer de l'harmonica dès l'âge de trois ans, alors qu'il vient de contracter la poliomyélite et que les médecins lui imposent de garder la chambre. Il apprend parallèlement à jouer de la guitare, du banjo, de la mandoline et du violon. En 1918, il s'établit à Nashville (Tennessee) où il commence à se produire. Son premier enregistrement radiophonique date du 19 juin 1926 sur la station WSM de la ville. En 1927, il interprète pour la première fois la pièce qui le rendra célèbre, « Pan American Blues » au « Grand Ole Opry », une émission de musique « country » diffusée chaque samedi soir depuis Nashville à l'initiative de George D. Hay. La même année et la suivante, Bailey enregistre plusieurs disque de solos d'harmonica: l'artiste est alors à l'apogée de sa carrière et tourne avec les plus grands artistes « country » de l'époque, Dave Macon, Bill Monroe et Roy Acuff. Ce qui ne l'empêche pas d'être discriminé en vertu des lois raciales de l'époque. Plus que son immense talent, son comportement discret et son apparence irréprochable --il était toujours tiré à quatre épingles-- le font pourtant accepter parmi les grands interprètes –blancs-- du genre. Son influence sur notre instrument est alors prépondérante et nombre de joueurs tentent d'imiter son style. En 1941, un différend légal l'oppose à la BMI-ASCAP, la Sacem américaine, sur les droits d'auteur et il ne peut plus se produire à la radio. Cette dispute –Bailey conteste la misère qui lui a été payée pour ses enregistrements-- mit fin à sa carrière: il ne monte plus sur scène et se met à cirer des chaussures et à louer des appartements dans sa bonne ville de Bellwood pour survivre. En 1974, il accepte pourtant de refaire une unique émission de l' »Ole Opry », devenu entretemps une émission télévisée brassant des millions de dollars, avant de disparaître sans le sou et dans l'indifférence générale en 1982. En 2005, à la suite d'une rétrospective de sa carrière réalisée par PBS, la radio publique américaine, Bailey est accepté au Country Music Hall of Fame de Nashville, le panthéon des « stars » de la musique « country ».
Ecoute conseillée:
- “Harp Blowers 1925-1936″ sur Document (l'ensemble de ses premiers enregistrements)
- “The Legendary DeFord Bailey-Country Music’s First Black Star” sur Revenant (enregistrements privés effectués dans les années 70).
- “Harmonica Rarities” sur Westone (double CD)
Pour en savoir plus:
http://defordbailey.info/
http://www.pbs.org/deford/
http://wn.com/DeFord_Bailey/
http://www.npr.org/programs/lnfsound/stories/001124.bailey.html
"DeFord Bailey: a black star in early country music", David C. Morton et Charles K. Wolfe, University of Tennessee Press, Knoxville 1991
                          
(Copyright: Dennis Gruenling 2011 - Adaptation: Robert Koch)


Vidéo de la semaine: j'en ai les bras Balland...

Marko Balland a des couilles et, comme DSK, il n'a pas peur de les montrer. Harmoniciste de rock doté d'un style percutant et, accessoirement, d'un rack d'effets, notre petit Français s'attaque ici à un monument, le "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin! Le résultat est à la hauteur du talent de Marko... Attachez votre ceinture car la purée qu'il envoie ici va vous coller aux vitres... Le son est EEEEEEEENORME (j'aimerais bien connaître la chaîne d'effets: Marko la donne dans les commentaires) et l'agressivité du jeu hallucinante. Ecoute déconseillée en présence de votre femme de chambre... En photo, Jimmy Page interprétant la pièce le 24 août 2008 lors de la cérémonie de clôture des  JO de Pékin.



Contacts:
http://www.myspace.com/markoharp
http://commarkoharp.myzik.eu/
http://www.facebook.com/pages/Marko-Balland/191515470318

Le nouveau Thunderbird de Hohner présenté par Joe Filisko

Dans deux posts publiés, le premier, le 14 mars et le second, le 05 mai, j'avais présenté puis passé au banc d'essai le "Thunderbird", un nouveau diatonique proposé dans neuf tonalités graves par Hohner. Dans les deux vidéos qui suivent, l'un des concepteurs de cette nouvelle ligne d'instruments dérivée du "Marine Band 1896", Joe Filisko, l'un des customiseurs les plus reconnus sur la planète, joue de ces harmonicas et explique --sorry, en anglais seulement-- leur conception et leur potentiel musical. Rappelons que le "T-Bird" sera présenté en avant-première en France par le détaillant parisien Major Pigalle au prochain festival de Montlhéry (Essonne), le 21 mai, et à Harmonicas sur Cher, qui aura lieu du 1er au 04 juin à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). J'attends vos réactions...

Ces vidéos sont publiées avec l'aimable autorisation de David Barrett et de sa "School of the Blues"

Boîtes d'harmos: entrez dans l'intimité des grands (saison 3)

Suite de ma série sur les boîtes d'harmos des grands et des moins grands dont vous pourrez retrouver la "saison 1" ici et la "saison 2" ici.

Fernando Maldonado (USA) et deux autres amateurs...
Une boîte Lee Oskar: impressionnante!

Les "Slim's Custom Cases": http://www.facebook.com/pages/Slims-Custom-Cases/198124183561282?ref=ts



Örjan Hansson (Suède), Dany Hord (USA) et Kenny B. (USA)


Will Scarlett, l'harmoniciste de Hot Tuna, Glenn Woodhouse (USA) et un amateur sans bretelles mais avec ceinture...



Le nouveau Thunderbird de Hohner au banc d'essai

Le 14 mars dernier, je vous avais présenté le "Thunderbird", un nouveau diatonique proposé dans neuf tonalités graves par Hohner. Voici, passé au banc d'essai, cet instrument qui sera
présenté aux prochains festivals de Monthléry et de Saint-Aignan.

Le "T-Bird": neuf tonalités graves, du "low Fa" au "low low Fa" - Officiellement dévoilé début avril par Hohner à la "Musikmesse" de Francfort (Allemagne), le "Thunderbird" est la troisième déclinaison effectuée par la firme de Trossingen de son "Marine Band" (MB) 1896, son vaisseau-amiral, après le MB "Deluxe" sorti en 2005 et le MB "Crossover" mis sur le marché en 2009. Ce nouveau dix trous est actuellement proposé en Allemagne en neuf tonalités graves et extra graves: "low Fa", "low Mi", "low Mi bémol", "low Ré", "low Do", "low Si bémol", "low La", "low Sol" et "low low Fa". Avec le MB "T-Bird", Hohner vise un double objectif: compléter sa gamme diatonique avec des accordages dans les tonalités graves déjà disponibles depuis plusieurs années chez son concurrent Seydel mais également continuer à développer sa ligne MB avec le concours de Joe Filisko, "customiseur" de réputation mondiale qui signe le nouveau modèle.


Joues des capots rabattues - A la prise en mains, le "T-Bird" ne se distingue pas véritablement de son grand-frère, le "Crossover": même sommier en bambou laminé, mêmes capots en acier inoxydable fixés à l'aide de quatre vis d'assemblage (ici, pas d'écrous!). Un examen plus attentif fait voir que les dents du sommier et les débords de plaques ont été arrondis pour, visiblement, donner le meilleur confort de jeu possible. Le capot supérieur est serti, en bas à droite, à côté de la cartouche "Marine Band", du monogramme de Joe Filisko qui a développé le modèle avec les ingénieurs de la firme allemande. En retournant l'instrument, l'on remarque que les joues des capots ont été complètement rabattues pour donner une ouverture et une projection optimales.



Capot inférieur conique - Mais c'est le capot inférieur qui révèle l'une des améliorations majeures du "design" de ce nouveau MB: son ergonomie conique empêche en effet le cognement des anches aspirées, plus longues dans les tonalités basses que dans les tonalités traditionnelles. "Il fallait donner aux lamelles suffisamment d'espace de résonance, notamment dans la première octave où les anches sont les plus longues", a expliqué Filisko au Lover bleu à Francfort. Ce design, qui aboutit à "enfler" la partie gauche du capot inférieur comme le montre la photo ci-contre, a été imaginé et est appliqué par le luthier américain depuis plusieurs années. Mais sa traduction industrielle pour le MB "T-Bird" a contraint Hohner à mettre au point, non sans mal, une plieuse spéciale. Avec des résultats probants: dans toutes les tonalités essayées, aucune lamelle n'a cogné sur le capot, même sur le "low low Fa".

Le laiton plutôt que l'acier - Autre nouveauté, le profilage des anches. Il  s'agit d'un aspect essentiel de l'instrument compte-tenu des tonalités retenues. Pour obtenir une réponse franche et constante dans les registres les plus graves, Hohner a, ici, une nouvelle fois retenu le laiton comme matériau pour les plaques et les anches. Et cela même si la tentation a un moment existé à Trossingen d'utiliser l'acier, à l'instar de Seydel pour son modèle 1847 aux lamelles inoxydables et prétendues indestructibles. Pour éviter de devoir apposer de la soudure sur le bout des lamelles, les anches ont été usinées dans une couche de métal plus épaisse. Trois vis Philips sont par ailleurs utilisées pour fixer les plaques au sommier, de sorte que l'ensemble est facilement démontable aux fins de réparation, de nettoyage, d'ajustage et  de "customisation".


Totalement compatible - L'instrument a par ailleurs été accordé de la même manière qu'un MB "Classic" ou qu'un MB "Deluxe de manière à bien s'adapter à un jeu "blues". Il est en outre totalement compatible avec ses deux grands frères, "Deluxe" et "Crossover". Enfin, il est livré dans un étui en néophrène rigide muni d'une fermeture éclair et d'une boucle en élastomère pour le port à la ceinture.



Autour de 90 euros - Alors, le prix! Selon le nouveau patron de Hohner France, François Billecard, le MB "T-Bird" sera proposé aux alentours de €90,- par le détaillant parisien Major Pigalle au prochain festival de Montlhéry (Essonne), le 21 mai, et à Harmonicas sur Cher, qui aura lieu du 1er au 04 juin à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). Dernière question: comment ça sonne? Pour permettre à chacun de se forger une opinion, voici une vidéo publicitaire récupérée chez Hohner dans laquelle Steve Baker, l'autre concepteur de ces nouveaux instruments, joue sur un "low Sol". Impressionnant!


(Photos: copyright Le lover bleu - Jean-Christophe Verhaegen)

Vidéo de la semaine: le sosie de Muddy Waters

Cela s'est passé le 11 avril 2011 aux studios d'enregistrement Comep à Sao-Paulo (Brésil). Mud Morganfield, le fils aîné de Muddy Waters, y enregistre avec le Igor Prado Blues Band. A regarder la vidéo, l'on se surprend être bluffé par la ressemblance entre le fils et le père. Non seulement les traits physiques et les mimiques sont-ils les mêmes, mais la voix de "Mud" est frappante de similitude avec celle de "Muddy". A l'harmonica, c'est Ivan Marcio qui officie...

Franco de Gemini: pour toujours, l'homme à l'harmonica

 

Quel harmoniciste, même débutant, ne connaît pas le "riff" d'"Il était une fois dans l'Ouest", le western spaghetti de Sergio Leone sorti en 1968? Moins célèbre est le nom de l'instrumentiste qui grava ces trois notes lancinantes de la bande-son d'Ennio Morricone. Il s'agit d'un autre Italien, Franco de Gemini, 82 ans, qui a joué dans plus de 800 musiques de film au cours de ses 55 ans de carrière. Pour bien vous (re)mettre dans l'ambiance, voici cette petite musique qui a fait le tour du monde:


Chromatique ou diatonique - Ce n'est évidemment pas Charles Bronson --qui joue le rôle d'Harmonica--qui a enregistré le "plan" avec l'harmonica diatonique qu'il trimballe à son cou dans le film et qui en est l'une des clefs. Dans plusieurs interviews disponibles sur l'internet, de Gemini explique que Morricone lui avait expliqué à son arrivée au studio d'enregistrement qu'il avait trois notes pour l'une des séquences cruciales du film: celle où "Harmonica-Bronson" jeune, les mains liées dans le dos, soutient avec ses épaules son frère, pendu par les méchants. "J'ai fait remarquer à Morricone que l'acteur avait les mains attachées dans le dos et qu'il lui était dès lors impossible de se déplacer sur l'instrument. Morricone m'a répondu: +Nous devons faire ce que nous suggère le scénario: avec l'harmonica coincé entre les dents, il doit pouvoir jouer ces trois notes+". Voici la scène en question:


Double note - Un peu plus loin dans la séquence, Bronson enfonce l'harmonica dans la bouche d'Henri Fonda. A ce moment, on entend un double note sur la bande-son. Interrogé sur la manière dont il avait produit cette "double note", Franco de Gemini a expliqué: "J'ai créé une division dans ma bouche (sic!) pour la créer. J'y ai aussi mis mon coeur et mon âme". Ajoutez un peu de réverbération et vous obtenez une complainte inquiétante et magnifique, voire l'une des plus inoubliables musiques de film. Voici la séquence: 



Sosie de Lino Ventura - Interprète mais aussi compositeur et producteur, fondateur dans les années 50 du "Club Harmonicisti Torinesi" ("Club d'harmonica turinois"), Franco de Gemini, qui ressemble à s'y méprendre à notre Lino Ventura, dirige également le label "Beat records", reconnu comme l'un des plus réputés dans la production de musiques de films mais également diffuseur de jazz et de musique classique. Franco de Gemini
enregistra sa première musique de film pour "Pain Amour et Fantaisie", un film de Luigi Comencini sorti en 1953. On le retrouve ensuite comme interprète, éditeur ou producteur (voire les trois) dans nombre d'autres longs-métrages: "Pour quelques dollars de plus" et "Le bon la brute et le truand" de Leone, "They call me Trinity", un autre western spaghetti avec Terence Hill et Bud Spencer dans les rôles principaux, "Mort à Venise" de Luchino Visconti , "Manhattan" de Woody Allen, "La Marche triomphale" de Marco Bellocchio, "Le Ruffian" de José Giovanni, et tant d'autres encore...

Autobiographie - En 2006, Franco de Gemini a écrit et publié son autobiographie sous le titre "From Beat to Beat, Memoirs of the Man of the Harmonica". Disponible en italien et anglais, cet opus abondamment illustré contient un CD de 19 titres qui nous permet de mieux découvrir ce personnage hors du commun.

Contacts:
Internet:
http://www.beatrecords.it/
Adresse postale:
Beat Records - 16, via Filippo Nicolai - 00136 Roma (Italia)


"Ze riff" - Et pour finir, voici notre homme, son harmonica et sa musique. Pour ceux que cela intéresse, le "riff" de "L'homme à l'harmonica" se joue (sur un chromatique en Do) sur le 6 aspiré, le 5 soufflé (tirette enfoncée) et le 6 soufflé...

Joyeux anniversaire, Little Walter...

Né le 1er mai 1930, Marion Walter Jacobs aurait eu 81 ans en ce beau 1er mai 2011...

Kim Wilson a fait un malaise cardiaque, vendredi en Norvège


L'info a été donnée sur Facebook par sa femme, Amanda Heussner: Kim Wilson a fait vendredi un malaise cardiaque alors qu'il devait se produire avec les Fabulous Thunderbirds sur un navire de la compagnie maritime norvégienne Color Line Blues Cruise qui effectuait une liaison entre Kiel (Allemagne) et Oslo (Norvège). Renseignements pris auprès d'Amanda, les jours de Kim ne sont absolument pas en danger. "Il s'agit plutôt d'une alerte, compte-tenu de son rythme de vie insensé", a-t-elle dit. Kim a passé un électrocardiogramme, examen indolore et non invasif devant dépister d'éventuelles anomalies cardiaques. Le Lover bleu souhaite un prompt rétablissement à Monsieur Wilson, photographié ici lors de son mariage avec Amanda, le 30 janvier 2009. Kim et les T-Birds sont programmés le 10 mai au Bataclan, à Paris, le 13 mai aux Abbatoirs de Bourgoin-Jallieu (Isère) et le 14 suivant au "Spring Blues Festival" d'Ecaussines (Belgique).

Le Kleebach et les Harmonica Masters Workshops 2011

Steve Baker, l'un des meilleurs harmonicistes mondiaux, donnera d'ici à l'automne deux classes de maître: la première au Kleebach de Munster (France) du 02 au 07 août, la seconde à Trossingen (Allemagne), siège du fabricant Hohner, du 02 au 06 novembre.


En août, la 3è Masterclasse Européenne Blues et Roots du Kleebach

Les inscriptions pour la 3è "Masterclasse Européenne Blues et Roots", qui aura lieu du 02 au 07 août à la Maison de la musique et de la voix du Kleebach à Munster (Haut-Rhin), vont bon train. A date, nous avons enregistré une quarantaine de réservations pour les trois ateliers qui seront animés par Steve Baker (harmonica -- encore quelques places disponibles), David Goodman (guitare), Martin Röttger et Sana Hallmann (cajon). Sept pays européens sont d'ores et déjà représentés à ce rendez-vous dans les Vosges alsaciennes, à savoir la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Irlande, la Suède, l'Autriche et l'Italie. Mais nous accueillerons également un participant du lointain Cambodge qui, grâce à l'internet, a été séduit par l'environnement champêtre de notre semaine musicale et, il nous l'a dit, par nos prix: €555,- pour le cours et la pension complète (cinq nuitées et trois repas par jour).
Pour tous renseignements complémentaires: 
www.european-blues-masterclass.com/ 

En novembre, les 7èmes Harmonica Masters Workshops de Trossingen

Les "Harmonica Masters Workshops" auront lieu cette année du 02 au 06 novembre au conservatoire Hohner de Trossingen (Allemagne). Au programme de cette 6è édition, cinq intervenants:
Steve Baker (harmonica diatonique)
David Barrett (harmonica diatonique)
Joe Filisko (harmonica diatonique)
Hermine Deurloo (harmonica chromatique)
Eric Noden (guitare)
Pour tous renseignements complémentaires: http://www.harmonica-masters.de/

Carey Bell: à la fois bassiste et harmoniciste...

La plupart des harmonicistes connaissent ce sourire au trou béant. Mais peu savent que Carey Bell joua de la basse électrique derrière Eddie Taylor et Royal Johnson, et aussi Little Walter et Walter Horton, ses deux mentors qui lui apprirent notre instrument. Disparu en 2007, Bell nous a laissé une oeuvre discographique riche et une descendance non moins prolifique (entre neuf et quinze enfants, selon les décomptes)

Carey Harrington (14 nov. 1936 - 6 mai 2007)

Ses complices - Carey Bell a enregistré le premier album sous son nom en 1969, "Carey Bell's Blues Harp", sur le label Delmark. Car notre homme fit l'essentiel de sa carrière comme "sideman": chez Muddy Waters (fin 1970 et 1971), Earl Hooker, Robert Nighthawk, Lowell Fulson, Eddie Taylor, Louisiana Red et Jimmy Dawkins. Il a également enregistré à plusieurs reprises avec son fils, le guitariste Lurrie Bell.

 
Sa vie, son oeuvre -  Né à Macon (Mississippi), le jeune Carey Bell Harrington est attiré dès son enfance par la musique du saxophoniste Louis Jordan. A huit ans, son frère lui offre un "Mississippi saxophone" (harmonica). Cinq ans plus tard, Bell joue dans l'orchestre de son beau-père, le pianiste Lovey Lee. Il fugue à plusieurs reprises pour suivre l'orchestre en tournée mais sa mère, qui ne voulait pas qu'il devienne musicien, le ramène chaque fois à la maison. En 1956, il finit par s'établir à Chicago (Illinois) où il peaufine son style auprès des deux Walters. Pour trouver des engagements, il apprend la basse électrique avec Hound Dog Taylor. Et c'est comme bassiste qu'il effectue sa première tournée en Europe en 1969, dans le cadre de l'American Folk Blues Festival mis sur pied par les Allemands Horst Lippmann et Fritz Rau. Après son premier disque en solo, il tourne régulièrement sur le Vieux Continent avec les Chicago Blues All Stars du bassiste Willie Dixon. En 1990, il publie avec trois autres harmonicistes (Junior Wells, James Cotton et Billy Branch) "Harp Attack" sur le label Alligator. Enorme succès! En 1998, il obtient un Blues Music Award de la Blues Foundation dans la catégorie "artiste masculin traditionnel". Il enregistre ensuite de plus en plus souvent avec son fils Lurrie avant de disparaître en 2007, victime d'une crise cardiaque.

Visionnage conseillé - Peu avant sa mort, Delmark publie un DVD enregistré par le père et le fils Bell dans deux prestigieux clubs de Chicago, Buddy Guy's Legends et Rosa's Lounge. Voici un extrait de ce DVD où Carey joue du chromatique sur "Short Dressed Woman", dans le salon de Lurrie.



Ecoute conseillée - "Last Night", publié en 1995 sur Bluesways, est indubitablement le grand'oeuvre de Carey Bell. Hommage à Little Walter, l'opus est partagé entre des compositions originales et des reprises. Notre homme s'y révèle être un chanteur convaincant avec une voix grave et légèrement rauque. Voici le morceau titre du CD:

L'overblow, une technique d'altération presque centenaire...

Cet article a été supprimé par Google à la demande de Pat Missin qui, bien que cité comme source dans le post que certains ont pu lire, a estimé que ma publication violait ses droits d'auteur. Ainsi va l'internet...

Vidéo de la semaine: Guy Forsyth, quelle entrée sur scène!

Cela s'est passé en août 2006 à l'Innkeeper de Wharton (Texas). Guy Forsyth va ouvrir la soirée avec "Play to lose", une pièce de son album "Unrepentant Schiszophrenic Americana", en effectuant l'une des plus belles entrées sur scène qu'il m'a été donné de voir. Pour ceux que cet artiste intéresse, Forsyth se produira le 02 juillet, à 17h00, au festival "Vache de Blues" d'Audun-le-Tiche, dans le Nord de la Moselle (lire le programme ci-bas). Par ailleurs, son site, remarquable, mérite une visite: http://www.guyforsyth.com/

Voici revenu le joli temps des festivals...

Avec l'été, voici revenu le joli temps des festivals. Pour les passionnés de notre instrument, celui de Saint-Aignan-sur-Cher (Loir-et-Cher) est incontournable. Après la relâche de l'an dernier, la 8è édition s'annonce particulièrement riche. Puis en juillet, les afficionados se retrouveront au festival "Vache de Blues" à Audun-le-Tiche (Moselle) où se produiront plusieurs harmonicistes, dont Guy Forsyth et Rick Estrin.

Harmonicas sur Cher - Programme
Mercredi 1er juin
20h30: Doctor Mass - 22h00: Cotton Belly's
Jeudi 02 juin
20h30: Truc à Trois - 22h00: Pablo Fagundes
Vendredi 3 juin
20h30: Lucas Rocher - 22h00: Thierry Crommen
Samedi 4 juin
20h30: Günes/Korkmaz - 22h00: Herzhaft/Laune

Vache de Blues Audun-le-Tiche - Programme
Vendredi 1er juillet
20h00: Veronica Sbergia and the Serenaders
21h30: The Excitements
23h30: Vivian Kelly & T. Rooster Blues Band
Samedi 02 juillet
17h00: Guy Forsyth - 18h30: Steve, Tony, Roland
20h00: Nico & the Rhythm Dudes
21h45: Alvin Youngblood Hart's Muscle Theory
23h45: Boney Fields & the Bone's Project
Dimanche 03 juillet
15h30: Tchang & Herblin - 17h00: BlackBerry
18h30: Xavier Pillac - 20h00: Big Jay Mc Neely
22h00: Rick Estrin & the Nightcats
Sitehttp://www.vachedeblues.com/

Rhythm Willie: un jeu nourri au jazz, d'Armstrong à Gershwin

C'est sans doute l'un des harmonicistes les moins connus de la période dite "pre-war", c'est-à-dire antérieure à la 2è Guerre mondiale. La seule photo et  les quelques enregistrements connus de lui ont cependant suffi à former la légende de Rythm Willie, instrumentiste dont le jeu, nourri au jazz, a été influencé par les musiques de Louis Armstrong et de George Gershwin. Rhythm Willie s'est fait une spécialité du jeu en 1ère et 4è positions. Ses plans dans la 3è octave n'ont été que rarement égalés depuis, tant ils sont originaux et techniquement irréprochables...

William Hood, alias Rhythm Willie (1909 ? - 1954)

Ses complices - Peu d'informations discographiques et biographiques fiables sont disponibles pour William Hood connu sous le sobriquet de "Rhythm Willie, The Harmonica Wizard". Il est établi qu'il enregistra deux sesssions sous son nom en 1940 et 1950. Il est également à peu près certain qu'il figure, sous le nom de Lee McCoy, sur les galettes des pianistes Lee Brown et Peetie Wheatstraw.

Sa vie, son oeuvre - Rhythm Willie, de son vrai nom William Hood, fait surface à la fin des années 30 à Chicago (Illinois) où ce pianiste-harmoniciste se produit régulièrement, particulièrement au Club DeLisa, l'un des plus prestigieux de la "Windy City". Selon Scott Dirks, l'un des biographes de Little Walter qui lui a consacré un papier exhaustif dans le n° 127 de la revue britannique spécialisée "Blues and Rhythm" (mars1998), "le jeu de Rythm Willie s'est rapidement caractérisé par une utilisation de la 3è octave en 1ère position, avec une virtuosité que même Jimmy Reed n'est pas parvenu à atteindre". D'après les archives du syndicat des musiciens de Chicago, Rhythm Willie a joué régulièrement dans deux clubs de la ville: le "Brass Rail" en 1952 puis la "Hollywood Show Lounge" à partir de mars 1953. Malheureusement, notre homme était non seulement un virtuose de l'harmonica mais aussi de la dive bouteille, de sorte qu'il disparut prématurément en 1954 à l'âge de seulement 45 ans.

Ecoute conseillée - "Rhythm Willie and His Gang" enregistré le 10 octobre 1940 pour le label Okeh; "I've Got Rhythm", un "standard" de George Gershwin (UB50-1063) et "Wailing Willie" (UB50-1062), une version du classique swing "C-Jam Blues", enregistrés en septembre 1950 pour le label Premium.

Deux exemples du jeu de Rhythm Willie - Le premier, "Breathtakin' Blues", est un blues joué en 4è position sur un harmonica en Si bémol dont vous devriez reconnaître la mélodie. Le second, "I've Got Rythm", joué ici sur un harmonica en Do en 1ère position, ne devrait pas davantage être inconnu à vos oreilles:







Voici la "Electronic Smart Harp", l'harmonica automatisé

Conçu par des élèves-ingénieurs américains, voici le premier "harmonica automatisé". A l'écoute, on se dit que des mises point restent à faire...

"Electronic Smart Harp" - Un harmonica sans harmoniciste: voilà ce qu'ont imaginé des étudiants en ingéniérie de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) sous la houlette de Jon Sorkin, un ingénieur spécialiste des systèmes automatisés. La machine, baptisée «Electronic Smart Harp » ou « E-Sharp », joue des mélodies pré-enregistrées avec de l'air comprimé à travers deux harmonicas en Do. Les plaques de l'un des harmos ont été inversées pour permettre à la machine de jouer en "soufflant" les notes normalement aspirées. "E-Sharp" ("Mi-dièse" en anglais) est pilotée électroniquement par trois puces PIC dont l'une régule la pression de l'air dans l'instrument à 25 livres par pouce carré (psi), soit environ 1,75 bar. L'air est forcé dans les canaux de l'harmonica par une buse montée sur un curseur sembable à celui d'une imprimante. Comme un juke-box, la machine dispose d'une « banque » de mélodies encodées en language informatique. Un affichage LCD commandé par « joystick » permet de choisir parmi ces morceaux. L'arrêt est automatique. Voici une vidéo de présentation (en anglais):



Orgue de Barbarie - En écoutant ce curieux machin qui, à mon humble avis, mérite encore quelques petites mises au point avant de remplacer Little Walter ou Jean-Jacques Milteau sur ma platine, je me suis souvenu du "Rolmonica", un harmonica mécanique qui, apparu vers 1920 aux Etats-Unis, lisait des partitions sur rouleau, un peu à la manière d'un orgue de Barbarie fonctionnant avec la bouche.


Breveté en 1928 par la Rollmonica Music Co. de Baltimore (Maryland), le "Rolmonica" était monté sur un harmonica diatonique dont les anches soufflées étaient similaires aux anches aspirées. Les rouleaux de partitions, d'une douzaine de centimètres de large, étaient placés  dans le corps en bakélite de la machine qui
s'ouvrait comme un huître. Sur un côté, deux manivelles permettaient de faire avancer ces partitions tandis qu'une embouchure placée sur le dessus servait de passage d'air. Un modèle chromatique de 24 anches et 12 notes a également été commercialisé jusque vers la fin des années 40, période où la production a été arrêtée, l'intérêt du public pour le bidule s'étant émoussé. Maintenant si vous deviez en trouver un dans un marché aux puces ou un vide-greniers, n'hésitez pas à le chiner: compte-tenu de sa relative rareté, un "Rolmonica" peut coter jusqu'à €300/400,- s'il est en bon état et s'il est pourvu de son harmonica d'origine dont l'accordage est spécial. Les prix sont encore plus saisissants pour les rouleaux de partitions en papier ciré. La boîte de 20 rouleaux que vous voyez ici à droite est partie récemment sur eBay à $451,-, soit €311,- au cours du jour. Pour terminer, voici un extrait d'une émission diffusée récemment sur une télévision brésilienne où, parmi d'autres harmonicas de collection, l'on peut bien apercevoir et entendre l'un de ces "Rolmonica":

Gary Primich: l'harmoniciste des harmonicistes...


Il fut l'harmoniciste des harmonicistes, celui dont on disait qu'il ouvrait, pour d'autres, de nouveaux chemins à l'instrument. Gary Primich est parti il a trois ans alors qu'à seulement 49 ans, il apparaissait comme étant au sommet de son art. Peu de musiciens auront été, comme lui, autant respecté par leurs pairs.

Garry Primich (20 avril 1958 - 23 sept. 2007)
Ses complices - Primich a enregistré neuf albums en nom propre. Mais il a également travaillé avec John "Juke" Logan, Marcia Ball, Ruthie Foster, Mike Morgan & The Crawl, Nick Curran, Omar & The Howlers, Doyle Bramhall et Jimmie Vaughan, Johnny Littlejohn, Sunnyland Slim, Byther Smith et "Big" Walter "Shakey" Horton.
Sa vie, son oeuvre - Gary Primich a toujours voulu être harmoniciste: « Dès les premières notes que j'ai jouées petit garçon sur l'instrument, j'ai su que je voulais être musicien », a-t-il confié peu avant sa tragique disparition, le 23 septembre à Austin (Texas) d'une surdose d'héroïne. Naissance à Chicago (Illinois) le 20 avril 1958, adolescence à Gary (Indiana), baccalauréat à l'université de l'Indiana: après un parcours scolaire classique, Primich s'installe à Austin où, en 1987, il fonde les "Mannish Boys" avec le guitariste Jimmy Carl Black. Le groupe enregistre "A L'il Dab'll Do Ya" sur le label Amazing Records. Au départ de Black, Primich sort un deuxième album avec cette formation, "Satellite Rock". Puis en 1991, il sort son premier album éponyme avant de publier "My Pleasure", "Travelin' Mood" (1994) et, surtout, "Mr. Freeze" (1995). Ce dernier opus est retenu parmi les 20 meilleurs CD de blues des années 90 par la presse de Chicago. Primich travaille d'arrache-pied et assure près de 250 concerts par an. En 2000, il signe chez "Texas Music Group" et sort "Dog House Music" (2002) puis "Ridin' the Darkhorse" (2006). Oublié dans ses biographies: Primich a publié en 1985 une méthode "Harmonica: The Blues And Beyond" et a participé, en 1999, à San José (Californie) à un concert avec Howard Levy, Magic Dick (J. Geils Band), Gary Smith, Lee Oskar, Jerry Portnoy et Andy Santana. Au matin du 23 septembre 2007, Primich est retrouvé chez lui, une aiguille dans le bras...
Ecoute conseillée - Publié en 1995, "Mr Freeze" est son grand-oeuvre. En voici quelques extraits:


Visionnage conseillé - Parmi les nombreuses vidéos de Primich disponibles sur YouTube, j'ai retenu celles-ci. La première, mise en ligne par son frère John, propose un magnifique solo en 3è position. Et regardez bien qui accompagne notre homme. Il s'agit de Shawn Starski et de Todd "Buckweed" Edmonds, respectivement guitariste et bassiste de "New Blood", l'ancien groupe de Jason Ricci. La seconde vidéo a été enregistrée un mois avant la disparition de Primich et publiée sur le site de David Barrett. Primich y évoque notamment ses influences musicales.