Jean-Jacques Milteau: le "papy" français du blues et de la soul

Il prétend que l'harmonica, "c'est l'instrument du voyageur". De la porte d'Italie à la Grande muraille de Chine, d'Irlande à la Louisiane, de la savane zoulou à Saint-Ouen, le "ruine babines" aura conduit Jean-Jacques Milteau aux quatre coins de la planète. Et même sur la scène de l'Opéra de Paris. Cela ne l'a pas empêché de conserver la cheville mince et le cœur gros...
Jean-Jacques Milteau (17 avril 1950)

Ses complices - En plus de 40 ans de carrière, Jean-Jacques Milteau a joué avec, devant et derrière la crème de la crème. Voici quelques noms: Francis Cabrel, Maxime Le Forestier, Charles Aznavour, Didier Lockwood, Florent Pagny, Eddy Mitchell, Richard Bohringer, Jean-Yves, d'Angelo, Barbara, Michel Jonasz, Claude Nougaro, Manu Galvin (guitariste dont JJM dit qu'il est son "alter ego"), Patrick Verbeke mais aussi Little Milton, Mighty Mo Rodgers, Mighty Sam McClain, Gil Scott-Heron, Terry Callier, N'Dambi, Howard Johnson, Michelle Shocked, Demi Evans, Andrew Jones, Michael Robinson, Ron Smyth, n'en jetez plus...

Sa vie, son oeuvre - Soixante et un ans après avoir vu le jour, le 17 avril 1950, dans une famille modeste de la porte d'Italie à Paris, Jean-Jacques Milteau (JJM) est installé dans le paysage harmonical français comme le « papy  du blues », cette « musique du diable » qui, avec la « soul », traverse sa riche carrière musicale. JJM achète son premier harmonica après avoir entendu Bob Dylan, Sonny Terry et, révélation, l'album « Real Folk Blues », un « best of » de Sonny Boy Williamson II. En 1968, un boeuf avec des musiciens sur les marches du Sacré Coeur de Paris l'amène en studio où il croise les routes d'entre autres Renaud, J.J. Goldmann, Barbara et Yves Montand. A partir de 1976, il devient le « sideman » d'Eddy Mitchell qu'il accompagne sur scène tout en participant à plusieurs projets aux côtés de Bill Deraime, Chris Lancry, Alain Giroux, Jean-Pierre Castelain et du groupe Connection. Il enregistre trois vinyles sous son nom pour Le Chant du Monde -- « Special Instrumental Harmonica » (1973), « Blues Harp » (1980) et « Just Kiddin » en compagnie du guitariste Mauro Serri (1983). (1989)--, et se produit abondamment sur scène tout au long des années 80, polissant son éclectisme et sa virtuosité. En 1990 il enregistre « Explorer », recherche sur une utilisation de l¹harmonica diatonique hors des sentiers du blues: la galette lui vaut sa première Victoire de la Musique. En 1992, accompagné du guitariste Jean-Michel Kajdan, JJM assure la première partie des spectacles de Michel Jonasz au Zénith de Paris et en tournée. La même année parait « Blues Live » enregistré essentiellement au club Utopia. Puis en 1994, il publie l'album « Routes », ode à l¹instrument du voyageur. Commence alors une série de concerts qui vont l¹emmener dans plus de soixante pays et jusqu¹à l¹Olympia de Paris en 1999 pour la sortie de « Bastille Blues ». Le guitariste Manu Galvin est désormais le compagnon attitré de tous ses projets. En 2001 sous la houlette de Sebastian Danchin, Milteau enregistre à Memphis au studio Royal de Willie Mitchell. Il y invite quelques « pointures » américaines comme Little Milton, Mighty Mo Rodgers, Mighty et Sam McClain tandis Jay Newland est à la console et le bassiste Laurent Vernerey assure la direction musicale. « Memphis » lui vaut sa deuxième Victoire et la Sacem lui décerne Grand Prix du Jazz. En 2003, nouvelle aventure américaine: « Blue 3rd » voit se côtoyer Gil Scott Heron, N'Dambi, Howard Johnson, Hugh McCracken et Terry Callier. L'année suivante, il interprète à la Maison de la Radio un répertoire de son choix avec l¹Orchestre National de France dans un concert au profit de l¹association Musique et Santé dont il est le parrain. En 2006, c'est « Fragile », une production plus intime sur laquelle sont conviées les chanteuses Michelle Shocked et Demi Evans. Notre Milteau national propose à cette dernière de l¹accompagner sur scène pour une centaine de concerts en France, Espagne, Australie, Nouvelle Zélande et Nouvelle Calédonie. Une autre tournée en compagnie du bassiste Felton Crews et du guitariste Junior Boy Jones, aboutira à l¹album « Live, Hot'n Blue » (2007). Une nouvelle formule, en compagnie des chanteurs Ron Smyth et Michael Robinson apparaît sur le disque « Soul Conversation » en 2008. Enfin en 2011, il crée en compagnie du comédien Xavier Simonin, une adaptation de «L'or » de Blaise Cendrars.

Discographie - "Spécial instrumental" (1973); "Blues Harp et Mojo" (1981), "Just Kidding" (1983), "Blues Harp" (1989), "Explorer" (1991), "Le Grand Blues Band et J.J. Milteau" (1992), "Live" (1992), "Routes" (1994), "Merci d'être venus" (1996), "Blues live" (1998), "Bastille blues" (1999), "Honky Tonk blues (live)" (2000), "Memphis" (2001), "Blue 3rd" (2003), "Fragile" (2006), "Live, hot n'blue (live)" (2007), "Soul conversation" (2008).

Directeur de collection - "Inspiration, 22 Great Harmonica Performances" 1 et 2 (2002 et 2005), "Bon Temps Rouler, La playlist idéale de JJM" (2006), "Bon Temps Rouler, Spécial Alligator" (2008), "Harmonicas" (2009). JJM a par ailleurs collaboré à plusieurs dizaines d'autres galettes et publié plusieurs méthodes d'apprentissage de notre instrument.

Visionnage conseillé - Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, "Joueur de blues, souffleur de rêve", le documentaire de Jean-Marie Pasquier (1996), est incontournable. Je l'ai retrouvé sur un site japonais:www.tudou.com/programs/view/sKpKOzf3QPkidéo/.
Autre vidéo intéressante que je vous propose ici: "Jack The Man", un titre de "Fragile" (2006) où JJM fait équipe avec les suspects habituels, à savoir Manu Galvin à la guitare et Demi Evans au chant.
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