Le VHT Special 6: un p'tit démon à moins de €150,- (1/2)

Sous le titre générique «Small is bioutifoul», j'ai présenté ici, le mois dernier, un certain nombre de petits amplis à lampes modifiables pour l'harmonica. Je ne connaissais pas encore le VHT Special 6 qui, de fabrication chinoise, a ébranlé certaines de mes certitudes.

Un démon sous des dehors pépères - En voyant pour la première fois le VHT Special 6 (AV-SP1-6) dans un magasin de Metz (Moselle), je me suis dit qu'il s'agissait de la nième copie asiatique du Fender Blues Junior, tant il en avait le "look". Dix minutes plus tard passées à souffler dedans, j'avais radicalement changé d'avis: sous une enveloppe pépère se cachait un véritable démon! Puissance et timbre monstrueux, cette petite boîte avait tout ce dont pouvait rêver un harmoniciste, le tout facilement modifiable et  pour moins de €150,- !!! Les spécifications ont vite confirmé cette première impression: avec une puissance nominale annoncée de 6 watts, le VHT Special avait une construction on ne peut plus rustique: deux entrées ("low" et "hi"), une lampe de pré-amplification 12AX7, une lampe de puissance 6V6, un haut-parleur de 10 pouces céramique "poussant" une impédance de 16 ohms, deux boutons de contrôle (volume et timbre), trois sorties HP (4 ohms, 8 ohms et 16 ohms), un sélecteur de puissance ("low" et "hi" avec, entre les deux, une position "standby") et un "boost" pouvant être activé au pied. Ses dimensions (hauteur: 37,5 cm; largeur: 36,5 cm; profondeur: 21,5 cm) et son poids (12,1 kg) en faisaient en outre un compagnon facilement transportable.

Et hop, sur le banc d'essai! - Rentré chez moi, mon p'tit colis sous mon bras, j'ai passé la bête au banc d'essai avec trois micros: un Astatic JT-30VC à capsule céramique, un Shure 520 DX Green Bullet équipé d'un élément à reluctance contrôlée ("black label") et un Shure 545SD, doté d'un élément dynamique. A travers les trois micros, ma nouvelle petite bête projetait avec un volume et un timbre autrement plus riches que l'Epiphone Valve Junior et sa lampe de puissance  "low cost" EL84. Le HP, apparemment de fabrication chinoise, rendait fade le son du Fender Champion 600 et se riait de celui des Kalamazoo 1 et 2.  En fait, cette petite merveille sonnait comme un Fender Champ "blackface" des années 60, avec le "crunch" rond et chaud si particulier à la marque . Je notais également une excellente dissipation thermique, de sorte que l'ampli ne se transformait pas en grille pain après une demie heure de fonctionnement.

Les entrailles de la bête - En ouvrant mon VHT pour en scruter les entrailles, j'ai immédiatement remarqué le câblage point à point sur un panneau "eyelett". Les soudures étaient bien faites et  les composant bien alignés. L'esprit tranquille, j'ai commencé à bidouiller . ATTENTION: les tensions contenues dans un ampli à lampes, même débranché, peuvent être mortelles. Déchargez impérativement les condensateurs avant de commencer à manipuler !

Quelques modifications et leurs résultats - La première modification fut, bien entendu, changer la lampe de puissance en substituant la 6V6 par une 6L6. Sans résultat ! J'ai vite compris que monter une 6L6 sans modifier la résistance de cathode n’augmentait en rien la puissance puisque le courant de repos ne convenait pas pour tirer le maximum de la lampe. J'ai donc conséquemment  diminué la résistance de cathode à 330 ohms,  au-lieu des 470 ohms d'origine, en priant pour que l'alimentation tienne le coup. Elle a tenu en me "boostant" la saturation que j'avais jugée un peu vacillante auparavant ! J'ai alors constaté que l'interrupteur "hi-low", qui permet de diviser la puissance par deux, modifiait le gain de la lampe de puissance: ainsi, en position triode ("low"), l'ampli ne saturait quasiment plus...
Je me suis ensuite attaqué au "tonestack", c'est-à-dire la partie d'égalisation du circuit qui "sculpte" les fréquences pour obtenir plus ou moins de basses, de mediums ou d'aigus, et qui me semblait un peu tremblotant. La modification consistait à "baisser la voix" de l'ampli tout en conservant la chaleur du "crunch", en prenant pour référence le "tonestack" du Fender Bassman. Après quelques tâtonnements avec un copain électronicien (toujours utile à avoir dans ses relations), nous avons changé le condensateur du dérivateur de la cathode et abaissé la valeur du voltage de la lampe de pré-amplification, la 12AX7. Résultat: un timbre plus velouté et plus chaud que les uns et les autres recherchons, parfois frénétiquement, pour notre instrument. En revanche, j'ai renoncé à changer immédiatement le HP, attendant de voir s'il allait se "bonifier" à l'usage. L'ampli disposant d'un "tone" intégré, j'ai également pensé monter un petit atténuateur "L-pad" pour compenser une légère perte d'aigus constatée en mode "clair". Là encore, j'ai reculé en estimant que le mieux serait ici l'ennemi du bien...

Comment ça sonne ? - Voici une courte vidéo de Nic Clark, un jeune (il n'a que 15 ans!) harmoniciste américain jouant un VHT Special 6 modifié par Bruce Collins. Collins, c'est le technicien et gourou de Mission Amps, une petite société du Colorado qui fabrique des amplis "custom" considérés aux Etats-Unis à l'égal des "Sonny Jr" et autres "Crunchers" conçus par l'illustrissime Gerry Onofrio. Qu'en dîtes-vous ?

"Dis papy, c'est quoi un harmoniciste qui swingue ?"

Ca "swingue", ça "groove", ça "balance", ça "tourne": même si tout un chacun peut comprendre ce que veulent dire ces expressions lorsqu'il est question de musique, elles cachent néanmoins une notion abstraite qu'il est difficile de définir. Eléments de réponse...


Quand ça "balance" - Swing est un mot anglais qui décrit habituellement un mouvement de balancement, comme celui d'un pendule ou d'une danseuse. Par extension, il peut aussi désigner un coup de poing à la boxe, un coup de rein au golf ou, plus récemment, un jeu gratuit inspiré des films "Star Wars" disponible sur l'internet. Lorsqu'il est question de musique, le terme se rapporte le plus souvent à un courant du "middle jazz" des années 30 mais aussi à un style de danse dont les origines remontent au charleston. D'abord danse individuelle, le "swing" a rapidement été pratiqué par des couples sur les rythmes endiablés des "big bands", comme ceux de Duke Ellington ou de Count Basie. Voici ce qui me paraît être un exemple particulièrement frappant de la danse "swing" que j'ai extrait de "Hellzapoppin", un film du réalisateur américain Henry C. Potter sorti en 1941 et distribué en France en 1947 avec des sous-titres du très regretté Pierre Dac:


Sensation pure - Si l'on accepte que la musique a précédé la danse, le "swing" peut également être considéré comme un élément du jazz se rapportant à son interprétation. Que dit le "Wikipédia" à ce sujet ? "D'un point de vue technique, dans le jazz classique, le +swing+ consiste à substituer systématiquement à toute formule rythmique binaire une formule ternaire +balancée+, formule rythmique également appliquée dans le blues (...). En définitive, cet élément fondamental du jazz classique se rapporte à la pulsation. Fondée sur la syncope qui confère souplesse et rebondissemement à la section rythmique, elle permet au soliste et aux ensembles orchestraux, par une parfaite mise en place des valeurs, de produire ce phénomène de l'ordre de la sensation pure et donc difficile à noter. L'accentuation forte ou faible du contre-temps participe aussi de ce processus de création d'une ambiance de danse".

Un "état de grâce" - Cette notion un peu abstraite de "swing" se rapporte donc à l'exécution musicale lorsqu'elle atteint une sorte de "moment de grâce", lorsque la musique "décolle". Cet état de grâce est, en partie, expliqué par les musicologues par l'effet d'une "transe" à laquelle se trouveraient en proie les musiciens, affirme encore Wikipedia. Curieusement, cette notion de "transe" se retrouve dans de nombreux autres styles de musique que le jazz: c'est le "duende" dans le flamenco, le "groove" dans le funk et la soul, le "sabor" dans la salsa et le "tarab" dans la musique arabe. Voici un exemple de "transe" à l'oeuvre dans la musique tzigane. Il s'agit d'un extrait de "Swing", un film du réalisateur français Toni Gatlif sorti dans les salles en 1999. L'on y aperçoit notamment les guitaristes manouches alsaciens Tchavolo Schmitt et Mandino Reinhardt. Petit quizz: quel est le titre du morceau interprété dans la vidéo? Merci de laisser votre réponse dans les commentaires de cet article.


Ce qu'en disent nos éminences - Venons-en maintenant à notre instrument et à ceux qui en jouent. Quand un harmoniciste swingue-t-il? Pour le savoir j'ai posé les trois questions suivantes à quelques-une de nos éminences, en France et aux Etats-Unis:
1) Qu'est-ce que le "swing" ou "groove" lorsqu'on dit d'un instrumentiste, et particulièrement d'un harmoniciste, qu'il swingueou groove?
2)  As-tu un exemple musical (si possible de l'harmonica, mais pas seulement) qui illustrerait ton propos?
3) Comment fait-on pour apprendre/acquérir le swing?
Voici leurs réponses, brutes de décoffrage:

Jean-Jacques Milteau:
1) Le swing est devenu un concept abstrait, comme le rock ou le jazz ou... le blues", lié à la danse et donc essentiellement une sensation de celui qui écoute, même s’il est au sein de l’orchestre. Celui qui le joue n’en parle qu’au moment ou il se ré-entend ou quand il le recherche et l’espère ! Disons que c’est une appréciation du temps commune et la qualité de la faire ressentir au plus grand nombre, quelles que soient les cultures personnelles.
2) Pour ne parler que de parties d’harmo classiques, je citerai, en vrac, chacun dans son style, "Off the Wall" par Little Walter, "One More Mile live" par James Cotton, "Lost John" par Sonny Terry, "Isn’t She Lovely" par Stevie Wonder, "C to G Jam" par Toots, "Whammer Jammer" par le J. Geils Band avec Magic Dick à l'harmonica, "Glory In The Meeting House" par Open House, "On the Sunny Side Of The Street" par Don Les ou encore "Grade A" par Charlie Mc Coy.  
3) Comment apprendre le swing ? En écoutant beaucoup, je suppose ... La pratique, la gestion des accents, du placement et des silences ... et en créant une place pour celui qui écoute. L’approche que chacun a du rythme mériterait une étude approfondie et étayée.

Voici donc, sur les conseils de notre Jean-Jacques national, l'instrumental "Off The Wall" pris sur "Little Walter His Best: Chess 50 th Anniversary Collection" (1997 Chess/Universal). A sa sortie en 1958, le morceau est monté en #8 sur les charts. Personnel: Little Walter (harmonica), David Myers (guitare), Willie Dixon (basse), Fred Below (batterie). Par ailleurs, la tablature du premier couplet est ici. L'harmo est en Do.



Joe Filisko:
1) Un harmoniciste swingue lorsqu'il a développé la capacité rythmique de l'incarner ou d'incarner tout autre groove. L'écouter jouer sans autre accompagnement rythmique que celui qu'il a dans la tête est probablement un bon test.
2) Les enregistrements en solo de Sonny Terry, de Rice Miller (Sonny Boy Williamson II) ou de Rick Erstrin.
3) Il faut d'abord apprendre à connaître intimement un groove particulier pour pouvoir se "déplacer" confortablement dessus.

Voici comment Filisko enseigne, dans ses Masterclasses européennes (la prochaine à Trossingen, Allemagne, du 02 au 06 novembre 2011) le swing. Il s'agit d'un morceau de Sonny Boy Williamson II ("Rice Cool Blues") enregistré à 70 pulsations par minute que je suggère de travailler. Pas de tablature. L'harmo est en Sol. Une info: Joe Filisko et son compère guitariste Eric Noden donneront, le 10 novembre 2011, un concert unique et GRATUIT en France, à Kaysersberg, en banlieue de Colmar (Haut-Rhin). Réservez-vous la date!



Steve Baker:
1) Le groove est une chose subjective et il peut être perçu différemment par chacun d'entre nous. Pour moi, il s'agit de la combinaison d'un « timing » solide et d'un phrasé formulé clairement, de manière à « pousser » le rythme. Une manière simple d'y parvenir consiste à jouer des phrases musicales conduisant au premier temps de la mesure suivante ou au temps précédant cette mesure (quatre ET...). D'autres figures de swing naviguent sur le temps tout y en restant fermement ancrées, même si elles accentuent des temps différents. L'un des éléments fondamentaux du groove/swing consiste à placer les accents au bon endroit, ce qui s'acquiert avec l'expérience. Peu de débutants ont cette faculté et tendent de ce fait à "surjouer".
2) Je fournis un exemple simple de placement dans le "Steve's Shuffle" se trouvant sur mes « Blues Harmonica Playalongs ». Louis Jordan, Kim Wilson et Ray Charles (en petite formation) fourmillent d'idées dans leur approche swing de la musique.
3) Travailler l'instrument, écouter beaucoup de musique qui swingue pour essayer d'en copier le phrasé. J'ai personnellement toujours apprécié Louis Jordan et les « plans » de ses cuivres sont facilement adaptables à l'harmonica. Soyez très attentif à votre « timing », laissez « respirer » la musique en faisant des silences et des pauses. Commencez et terminez vos notes avec précision. Un phrasé négligé ne swingue que rarement alors qu'un phrasé « derrière » le tempo peut swinguer d'enfer s'il est bien exécuté.

Voici, pour les amateurs, le "Steve's Shuffle" qui se trouve sur le deuxième volume des "play backs" de Steve (Artist Ahead Musikverlag n°AA-3601-003). Pas de tablature, l'harmo est en Ré.



Paul Lassey:
1) Je crois qu'il n'est nul besoin d'être forcément bon musicien pour sentir le groove. A la réflexion, pour moi, techniquement, c'est juste une façon de placer ses phrases et ses respirations. J'y vois un rapport étroit avec la danse. La musique s'exprime alors à travers l'expression du corps. On s'approche d'une notion aussi impalpable que le fameux "feeling", non ? Je me plante peut-être complètement. ;o)
2)  Pour ce qui est d’un exemple sonore par contre, il me semble que l’avis de Chris Michalek (RIP) peut être intéressant ! Il ne faut pas que cela paraisse prétentieux que je cite l’une de mes vidéos mais Chris lui-même y avait réagi en évoquant ce fameux « groove ». C’est peut-être l’occasion de lui rendre hommage et de donner en toute modestie un exemple sonore sur ce que lui pensait être un jeu « groove ».
3)  Comment apprend-t-on le feeling ? Pffiou ! vaste question ;-)

Voici la vidéo à laquelle Paul, ici trop modeste, fait allusion. En passant je recommande chaudement son cours d'harmonica et son forum en ligne que vous trouverez ici:
http://www.youtube.com/watch?v=hZh_wUkMS7w
Le commentaire de Michalek est, en effet, très élogieux!

Keith Dunn:
1) Lorsque le joueur "se cale" dans le groove. Après, c'est à quel degré il réussit à le faire. Vous fait-il taper du pied? Vous fait taper du pied et vous donne-t-il envie de vous lever et de danser ? Si vous entendez le groove, le laisseriez-vous vous dicter votre danse, si vous deviez décider de danser ? Lorsque vous pouvez entendre un rythme, que vous pouvez le suivre sans hésitation, sans l'ombre d'un doute, c'est que probablement, ça swingue. Et il y a fortes chances que vous soyez dans le groove...
2) "Crazy Legs" par Little Walter, le solo de "Lady Be Good" par Lester Young avec le Jones-Smith Incorporated (Count Basie, 1936), "Overhaul Junction" d'Albert King, "Don't Loose Your Cool" d'Albert Collins, "Need To Make A Dollar" par moi-même (rires!) sur mon CD "Alone With The Blues".
3) Le swing et le groove portent un nom différent à Chicago. On appelle ça le "drive".C'est le mot qu'employaient Jimmy Rogers et Little Walter. Comment ça s'apprend  ? (re-rires!) En écoutant beaucoup de musique, en allant aux concerts, en jouant avec d'autres musiciens le plus souvent possible, en REPETANT pendant des années, en achetant tous mes disques (là, il éclate, waaaaaaaaaoh!).

Michel Herblin (très pressé: il allait jouer à Toulouse...):
1, 2 et 3) Pour moi, le swing à l'harmo, c'est Little Walter. Pratiquement tout ce qu'il a enregistré donne envie de danser. Magique! J'te rappelle...

Et Dieu dans tout cela? - Régnant sans partage sur l'icite licite espace cybernétique, je vais me permettre de proposer une pièce jouée avec du swing, dans l'groove et en poussant le  drive. William Clarke a peut-être un acronyme marrant pour un frenchie --WC-- mais lorsqu'il souffle dans les bijoux de famille, il le fait comme j'aime:



                                       

TurboHarp ELX: le futur de l'harmonica serait-il électrique?

Au terme de vingt années de recherches, un chirurgien américain passionné d'harmonica est sur le point de mettre sur le marché un harmonica électrique. Son nom de code: ELX.

De quoi s'agit-il ? Pour l'essentiel, d'un harmonica diatonique équipé de 20 capteurs optiques –un pour chaque anche-- incorporés dans des capots modulaires. Ces capots en plastique moulé et adaptés aux modèles Marine Band et Special 20 de Hohner ont été conçus, il y a une quinzaine d'années par le Professeur James F. Antaki, un chirurgien de l'université de Pittsburgh passionné d'harmonica. Connu sous le sobriquet de "TurboDog" dans la communauté harmonicale, ce spécialiste des organes artificiels commercialise depuis avec sa société "TurboHarp" ces capots « clipsables » sous le nom de "Turbolids".

Comment ça marche ? Si je comprends bien le brevet déposé en 2001 par notre chirurgien fou d'harmo, les capteurs (en vert sur l'éclaté ci-contre) détectent, individuellement sur chaque anche, le passage de l'air et transforment la vibration mécanique en énergie électrique tout en numérisant le son et en ajustant la fréquence. Ces signaux sont ensuite envoyés dans un processeur multi-effets Digitech RP-70 qui renvoie un signal unique « sortie de ligne » pouvant être amplifié, enregistré et diffusé.

                                                                                             Comment ça sonne ? Voici un ELX joué en mode monaural à travers un harmoniseur, puis un écho stéréo. Bien entendu, ce système permet, à l'instar d'une guitare électrique, d'incorporer n'importe quelle chaîne d'effets –delay, fuzz, flange, chorus, etc...-- entre l'harmonica et son amplification. Chaque anche étant équipée d'un capteur, il est en outre possible d'appliquer un effet sur les deux notes une octave, les basses et/ou les aigües. Le son produit par chaque anche peut en outre être « sculpté » à la guise de l'intrumentiste. Et fini l'effet Larsen puisque le couplage acoustique entre l'émetteur (le micro) et le récepteur (le haut-parleur) a été éliminé, affirme le Pr Antaki. Vous pourrez ainsi "ouvrir" votre ampli à 10 et vous exploser les tympans! Deux modèles de l'ELX sont en préparation: le premier, « économique », aurait une sortie de ligne unique. Le second, « Deluxe » aurait quatre canaux: basses soufflées, basses aspirées, aigües soufflés et aigües aspirés. "Ces canaux doivent être reliés à un mini-mixeur à sortie stéréophonique de sorte que, par exemple, les graves pourront être dirigées vers le HP de droite et les aigües vers le HP de gauche", poursuit TurboDog. "C'est ce que j'appelle +l'harmonica en 3-D+", poursuit-il. Voici notre professeur présentant son invention:


Prototypes en cours d'essai - Six prototypes de troisième génération sont actuellement testés aux Etats-Unis par notamment Madcat Ruth, Randy Singer, Dennis Cooper et Harmonica John. Les retours d'expérience fournis par ces harmonicistes chevronnés seraient toutefois mitigés, a appris le lover bleu. Si certains semblent absolument emballés par l'ELX, d'autres pointent de petits soucis de conception:
- l'instrument est relié par fil à son processeur d'effets, ce que certains trouvent gênant mais TurboDog a promis une prochaine version "sans fil".
- joué "nu" sans son processeur d'effets, l'ELX produit un bruissement qui peut être dérangeant. Ce bruissement disparaît dès que l'instrument est branché sur la boîte d'effets.
- pas de sortie Midi.
- à travers son processeur, l'ELX ne fonctionne que branché au secteur, pas de piles.
- pas d'effets de mains possibles (ouahs, tremoli, etc...)
- à $400,- l'unité (€293,- au cours du jour), le prix apparaît prohibitif même si le Digitech RP-70 (€80,- pièce) est fourni avec l'instrument.
Pour la bonne bouche, voici un musicien, Harmonica John, faisant une "promo" de l'instrument. A ce propos, je me demande ce que Howard Levy pourrait faire avec un ELX accroché à une batterie d'effets... Des idées? Des fantasmes ? Faites-les connaître dans les commentaires.


Infos et liens:
Antakamatics Incorporated / TurboHarp
3500 Fifth Avenue, suite #203
Pittsburgh - PA 15213 (USA)
Tel: 412.802.6432

"Masterclass" du Kleebach (Alsace): inscriptions ouvertes

Les inscriptions pour la « Masterclasse Européenne Blues et Roots » du Kleebach sont ouvertes! Cette 3è édition aura lieu du 02 au 07 août 2011 à Munster (Haut-Rhin, France) et sera donnée par Steve Baker (harmonica), David Goodman (guitare), et Martin Röttger et Susanna Hallmann (cajon).


L'an dernier, la « classe de maîtres » a rassemblé une cinquantaine de participants venus de six pays européens (France, Italie, Allemagne, Autriche, Suisse et Pays-Bas) qui ont célébré la musique « cousue main » au coeur des Vosges alsaciennes. Il était donc normal que cette initiative soit reconduite en 2011. Cette 3è  "Masterclass Européenne Blues et Roots" proposera aux musiciens amateurs, de tous niveaux et de tous âges, quatre jours de séminaires, des « boeufs » ainsi qu'un concert donné par les trois instructeurs et leurs élèves.

La Maison du Kleebach - Tenue pour la 1ère fois en 2009, la «Masterclasse Européenne Blues et Roots » se déroulera une nouvelle fois à la Maison de la Musique de la Voix du Kleebach, nichée au-dessus de Munster, ville touristique du pied des Vosges alsaciennes, et patrie du fromage du même nom. Le centre est situé à une heure en voiture des aéroports de Strasbourg (France) et de Bâle-Mulhouse (Suisse-France), à 45 minutes de Fribourg (Allemagne) et 20 minutes de Colmar (France). Munster est en outre accessible en train par une ligne TER au départ de la gare de Colmar.
Ouvert à tous ceux qui recherchent convivialité, simplicité et sérénité, le Kleebach est une ancienne ferme-auberge confortable et paisible, dissimulée dans la verdure à 450 m d'altitude en bordure de la ville et orientée plein Sud. Entièrement rénové il y a trois ans, le Kleebach est parfaitement adapté à la pratique musicale: il dispose de sept salles de répétition, dont cinq avec piano, et de 72 places en chambres de un à trois lits avec toutes les commodités. En soirée, une grande terrasse accueille les participants pour des « boeufs » improvisés qui, traditionnellement, durent jusque tard dans la nuit.
Les repas sont préparés sur place par un chef de cuisine à partir de produits naturels, avec une capacité de restauration de 100 couverts. Un amphithéâtre de plein air est également à disposition pour le concert final et de belles promenades sont possibles dans la forêt proche. La situation privilégiée du Kleebach permet d'envisager des vacances en famille, une piscine grand bassin se trouvant à dix minutes à pied du centre.
Note: le centre ne dispose que d'un nombre limité de chambres individuelles. Pour nous permettre de maintenir nos prix de séjour à leur niveau actuel (à partir de €555,- en pension complète), nous invitons nos participants à réserver dans une chambre de deux ou trois lits.

Le cours de Steve Baker (harmonica) - Auteur du “Harp Handbook”, méthode d'apprentissage de référence, consultant de la marque internationale Hohner depuis 1987, Steve a donné des milliers de concerts et enregistré des centaines de reprises en studio dans une palette de styles. Vivant à Hambourg (Allemagne), il est également l'initiateur des Harmonica Masters Workshops de Trossingen (Allemagne) devenus depuis 2003 un rendez-vous mondial incontournable des amateurs et des professionnels de l'instrument.
Son cours s'attachera aux principales techniques de jeu sur l’harmonica diatonique, la manière de les maîtriser et de les intégrer dans sa propre musique, Steve ayant toujours considéré que l'harmonica devait être enseigné –et appris-- comme n'importe quel autre instrument.
- Améliorer son « son »: le maintien de l’harmonica, la respiration, la « colonne d'air » et la
chambre de résonance, l'embouchure, le jeu en « pucker » (cul-de-poule) et en « tongue
blocking » (langue obturant une partie des trous couverts par la bouche), l'intonation et le timbre, construire son « son », le travail « à la feuille ».
- Améliorer sa technique: contrôler ses altérations, la topographie de l'harmonica (où trouver
les notes), pourquoi chaque note est différente d'une autre, le vibrato (différents types et la
manière de les créer), les « jeux de mains » (ouah-ouahs, trémolos et effets percussifs), les
intervalles en « tongue blocking » (octaves et autres intervalles), les trilles et les « doubles
notes », jouer « sale », les « overblows » et la manière de les utiliser efficacement.
- Le jeu en « positions »: la 2e position ou « cross harp » et les bases du blues, la 1ere
position (folk, blues), la troisième position ou « slant harp » (folk et blues), les autres positions.
- Jouer avec les autres: l'accompagnement, le « timing » et la rythmique, le phrasé, comment
« swinguer », l'improvisation, l'harmonie et l'harmonica, l'harmonica joué dans d'autres styles
(rock'n roll, country, funk et pop), l'amplification et les micros, les pédales d'effet.
- Aller toujours plus loin: l'accordage et les réparations, les accordages spéciaux (country, 7e majeur, le « Steve Baker Special » ou SBS, le mineur naturel et autres).
- Le « boeuf »: la dernière partie du cours sera consacrée, quotidiennement, à un « boeuf » sur des pistes pré-enregistrées ou avec un guitariste. A cette occasion, les élèves sont invités à choisir leur propre champ d'intervention.
Langue du cours : anglais (traduction française assurée)
Niveau technique requis: savoir jouer proprement et avec une bonne intonation toutes les notes sur un harmonica diatonique; savoir altérer les notes („bendings“); trouver directement les altérations.

Le cours de David Goodman (guitare) - Originaire de Victoria (Colombie britannique, Canada), Dave est musicien professionnel depuis ses dernières années au lycée. Il s'est rapidement imposé sur la scène musicale de la Baie en jouant notamment avec Tommy Castro et Jeff Healey. Sa première tournée européenne a été effectuée avec le Ford Blues Band. Vivant actuellement à Brême (Allemagne), Dave est un guitariste remarquable, à l'aise tant sur un instrument acoustique que sur une Stratocaster électrique et dans une variété de styles: jazz, blues, rock, country et folk. Il est également un chanteur remarquablement doué et un compositeur à la touche toute personnelle qui transgresse les genres stylistiques. Ces qualités ont attiré sur lui l'attentiuon du fabricant Yamaha, firme pour laquelle il anime des « workshops » dans toute l'Europe. Dave est un pédagogue expérimenté capable d'enseigner les bases de l'instrument tout comme les subtilités du « fingerpicking ». Son cours s'attachera à intégrer cette technique dans les genres « roots », blues, rock et jazz. Il animera également un atelier d'écriture musicale.
- Les canevas du « fingerpicking »: initiation aux techniques du « fingerpicking », du jeu avec le pouce et les quatre autres doigts, aux différents « grooves » que cette technique permet d'aborder.
- Les accordages: l'accordage « standard » et spéciaux, et les manières de s'en servir.
- Le slide: la technique de la guitare « slide » en accordage « ouvert » (« open tuning ») en sol et en ré, jeu « étouffé », accords, accompagnement et jeu en solo, les applications du « fingerpicking ».
- L'improvisation: quelles gammes fonctionnent dans un contexte musical donné, quelles suites d'accords et la manière de les intégrer musicalement dans son jeu.
- Jouer en solo et jouer en groupe: le répertoire et comment l'enrichir avec ses apports propres, l'accompagnement du soliste ou du chanteur avec l'art perdu du « comping ». Ces éléments seront travaillés en petits groupes avant d'être présentés à l'ensemble de la classe de musique.
- L'écriture (selon intérêt): examen de compositions des élèves en vue de les développer.
Langue du cours : français, anglais ou allemand
Niveau technique requis: élèves de niveau intermédiaire et avancé seulement. Enregistrements autorisés.

Le cours de Martin Röttger (cajon) - Martin Röttger a grandementcontribué à la popularisation en Europe du cajon en lui faisant découvrir d'autres horizons musicaux en marge du flamenco, genre où il est traditionnellement employé. A l'origine percussionniste accompli, Martin a développé un jeu caractérisé par des rythmes « groovy » et une énergie sauvage qui ont convaincu de nombreux musiciens à adopter l'instrument. Martin a conquis un large public par ses concerts avec le groupe “Blues Culture” dirigée par Abi Wallenstein et auquel participe également Steve Baker. Leur CD éponyme publié en 2007 a obtenu le Prix de la Critique en Allemagne. Depuis la fin des années 90, Martin dirige sa propre école de percussion, « Drummatic » à Hambourg (Allemagne) et a enseigné dans de nombreux conservatoires, dont la très sélecte Dante Augustin School en Suisse. Musicien de studio recherché se produisant dans toute l'Europe, Martin anime nombre de « workshops », dont ceux des Schorndorf Guitar Days, en Allemagne.
Note: le cours proposera, lors de la première journée, une option particulière: sous la direction de Susanna Hallmann, les stagiaires seront invités à construire leur propre cajon en kit (photo). Susanna possède une solide expérience dans ce type de « workshop » et est à même de motiver chacun des participants.
Par la suite, Martin démontrera pourquoi le cajon doit faire partie de l'attirail de tout batteur ou percussionniste. L'instrument tend, en effet, à remplacer la batterie dans certaines situations, particulièrement dans les patites salles. Le cajon moderne offre la possibilité au percussionniste de développer et d'adapter des « grooves » de batteur dans un cadre plus intime plus en phase avec les conditions dans lesquelles la musique vivante est aujourd'hui pratiquée.
- Les différentes attaques du cajon: la tonalité, la basse, le « tap » et le « slap »
- Les exercices de base.
- Les techniques les plus courament butilisées.
- Les différents rythmes pour les grands groupes de percussion.
- Les « grooves » de batterie et la manière de les adapter au cajon.
- Travailler avec des pistes sonores pré-enregistrées.
- Comment mettre en place son cajon
- Comment l'accorder et comment l'amplifier.
Langue du cours: allemand ou anglais
Niveau technique requis: les élèves de tous les niveaux, de débutant à avancé, sont bienvenus

Pour faire votre petite idée de la qualité des intervenants, voici les trois maîtres de stage filmés l'an dernier, lors de leur concert final, dans le théâtre de plein-air situé à l'arrière du centre:


Renseignements complémentaire et inscriptions:



John Steinbeck, ses raisins, sa colère et son harmonica

Trouvé dans "Les raisins de la colère" de l'auteur américain John Steinbeck:

A HARMONICA IS EASY TO CARRY.
TAKE IT OUT OF YOUR HIP POCKET, KNOCK IT AGAINST YOUR PALM TO SHAKE OUT THE DIRT AND POCKET FUZZ AND BITS OF TOBACCO.. NOW IT'S READY.
YOU CAN DO ANYTHING WITH A HARMONICA'THIN REEDY SINGLE TONE, OR CHORDS, OR MELODY WITH RHYTHM CHORDS.
YOU CAN MOLD THE MUSIC WITH CURVED HANDS, MAKING IT WAIL AND CRY LIKE BAGPIPES, MAKING IT FULL AND ROUND LIKE AN ORGAN, MAKING IT AS SHARP AND BITTER AS THE REED PIPES OF THE HILLS.
AND YOU PLAY AND PUT IT BACK INTO YOUR POCKET. IT'S ALWAYS WITH YOU...    "The Grapes of Wrath", John Steinbeck

Amplis à lampes: "small is bioutifoul"... (2/2)

Deuxième et dernier volet de cette série sur des petits amplis à lampes modifiables pour l'harmo

Le Gibson GA-5 Les Paul Junior

L'un des petits amplis les plus "hips" mis sur le marché par Gibson ces derniers temps, un modèle originalement sorti dans les années 50. Un petit monstre prisé en studio par les pros: a donfe sur du rock, le volume sonore est toujours acceptable. Le bougre est recherché et la facture pour ce bijou --qui n'est plus disponible commercialement-- est salée...
- Puissance: 5 Watts
- Canaux: 2
- Entrées: 2 (la 2è à -3db)
- Haut-parleur: 1 x 8 pouces Goldtone
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d´ampli de puissance: 1 x EL84
- Rectifieuse: 1 x 5Y3
- Impédance: x Ohms
- Réglage: volume
- Poids: N/A
- Dimensions: N/A
- Prix: autour de €900,- (occasion)
- Modifications possibles: c'est ici (groupe de discussion - En anglais)


L'Ibanez Valbee

La firme japonaise démontre avec le Valbee une nouvelle fois ses qualités tout en cultivant son principal défaut. La construction est impeccable et complète mais le "look" en cube est abominable et le choix du colori assez électrique.
- Puissance: 5 Watts
- Canaux: 2
- Entrée: 1
- Sortie casque
- Haut-parleur: 1 x 6,5pouces 
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d´ampli de puissance: 1 x 6V6
- Impédance: 4 ou 8 Ohms
- Réglages: gain, basses, mediums, aigüs, présence, volume, "boost"
- Interrupteur "stand by"
- Poids: 7,5 kg
- Dimensions: N/A
- Prix: autour de €180,-
- Modifications possibles: c'est ici (groupe de discussion - En anglais)



Le Behringer AC 108 Vintager

Pour les budgets serrés, la firme allemande propose un ampli polyvalent qui "pousse" 15 Watts dans une gamelle de 8 pouces. Construction teutonne. En chambre, une arme de destruction auditive mais juste ce qu'il faut de puissance pour n'avoir pas à repiquer sur la sono du Bar à Jojo, le samedi soir.
- Puissance: 15 Watts
- Canaux: 2
- Entrée: 1
- Haut-parleur: 1 x 8 pouces
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Ampli de puissance: transistors
- Réglages: "master", gain, égaliseur deux bandes
- Connection pour lecteur CD et sortie casque
- Poids: 5,6 kg
- Dimensions: 32 x 36 x 16 cm
- Prix: autour de €80,-
- Modifications possibles: se joue avec un beau "crunch" sans! Shure SM58 recommandé.


Le Carr Mercury Mini

Un ampli mythique chez les guitaristes. Son prix a au moins contribué autant à sa réputation que l'excellence du son et de la finition de cette belle machine américaine conçue sur le principe "less is more" ("moins, c'est plus")
- Puissance: 8 Watts
- Canaux: 1
- Haut-parleur: 1 x 10 Eminence Lil Buddy
- Lampes de préampli: 2 x 12AX7 et 1 x 12 AT7
- Lampe d´ampli de puissance: 1 x EL34 en bias fixe
- Impédance: 4Ohms
- Réglages: volume, basses, aigües, reverbération, "boost"
- Atténuateur intégré (4 positions)
- Interrupteur de coupure des hautes fréquences
- Poids: 11 kg
- Prix: autour de €2.250,-
- Modifications possibles: on ne modifie pas une légende!


Le Peavy Nano Valve

Sortie en 2007, cette petite bête peut vraiment crier très, très fort avec une méchante distorsion à la AC/DC. Rien donc pour les cul-de-poulistes jazzy. Cet ampli est construit comme un char d'assaut sans fanfreluches inutiles. Du basique qu'il est possible de "tuner" pour l'harmo sans trop de difficultés. A changer absolument: le haut-parleur chinois de bas de gamme qui arrive rapidement au bout de ses limites.

- Puissance: 5 Watts
- Entrée: 1
- Haut-parleur: 1 x 8 pouces
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d´ampli de puissance: 1 x EL84
- Réglages: un niveau qui augmente le volume et le gain
- Poids: 7,5 kg
- Prix: autour de €140,-
- Modifications possibles: c'est ici






Vidéo de la semaine: elle est pas belle, la p'tite Rachel...

Cela s'est passé le 11 novembre 2010 au New Morning de Paris. Le Blues Power Band ouvre la soirée pour le groupe anglais Nine Below Zero. Et, surprise, Rachel Plas est sur scène avec ces vieux routiers de la musique que j'aimeuh! A la voir, on mesure le talent et l'énergie de ce petit bout de femme qui va mettre le feu aux planches. Regardez bien l'autorité avec laquelle elle dirige son groupe... Proprement époustouflant! Ah, si j'avais trente ans de moins...

Amplis à lampes: "small is bioutifoul"... (1/2)

Assez de trimballer votre Fender Bassman qui vous casse le dos? Fatigué qu'on vous demande de "baisser" votre Super Reverb alors vous jouez à 1,5 ? Anxieux à l'idée de sortir votre Sonny Junior qui vous a coûté deux bras ? La solution: un petit ampli à lampes de 5-10 watts.

C'est à croire que les fabricants d'amplis se sont donnés le mot tant le nombre de ces petits modèles à lampes a proliféré au cours des dernières années. Transportables (leur poids excède rarement les 10 kg), abordables (grosso merdo entre €150,- et €300,-) et, pour la plupart, très présentables (souvent en finition "tweed"), ils peuvent se muer, avec quelques modifications simples, en amplis très acceptables pour notre instrument. Voici un florilège --non-exhaustif-- de ce qui peut se trouver sur le marché.
Mais avant toutes choses, la sécurité ! Déchargez les condensateurs avant toute manipulation, ne travaillez pas branché sur le secteur et n'oubliez pas que modifier un ampli rend caduque votre garantie.

Le Fender Champ 600

Sorti en 2007 par Fender, le nouveau Champion 600 est un ampli singant le modèle de 1949. Son "look vintage" en vinyl deux tons "brown et blonde" est conforme au modèle original "two tone”. Mais avec deux entrées ("high- et low-gain"), son circuit de préamplification  est plus puissant et donne une belle saturation. Une deuxième sortie HP permet la connection à une enceinte externe.
- Puissance: 5 Watts
- Canaux: 2
- Mode de gain: 2
- Haut-parleur: 1 x 6 pouces Special Design céramique
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d´ampli de puissance: 1 x 6V6
- Impédance: 4 Ohms
- Sortie pour haut-parleur supplémentaire
- Poids: 7 kg
- Dimensions: 28 x 31 x 19 cm
- Prix: autour de €200,-
- Modifications possibles: c'est ici


Le Gretsch G5222 Electromatic Compact

Avec le même chassis et la même approche minimaliste que Fender, le Gretsch G5222 Electromatic Compact apparaît comme un Champ 600 "déguisé". Mais la ressemblance s'arrête là: même si le schéma ressemble assez aux Fender Champ Blackface des années 70, il n'y a plus que deux lampes (une 6V6GT et une 12AX7). Exit la 5Y3GT des anciens Champ tandis que le redresseur est composé de diodes.
- Puissance: 5 Watts
- Canal: 1
- Haut-parleur: 1 x 6,5 pouces Custom
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d'ampli de puissance: 1 x 6V6GT
- Impédance: 4 Ohms
- Poids: 7 kg
- Dimensions: 28 x 31 x 19 cm
- Prix: autour de €170,- 
- Modifications possibles: c'est ici


Le Fame Tube 5

De fabrication chinoise, son rapport qualité-prix est quasi-imbattable pour un ampli à lampes. Pour seulement €80,-, il produit un son "crémeux" à un volume idéal pour ceux qui ne veulent pas s'exploser les tympans en appartement. Le "crunch" assez brouillon et les lampes "made in China" de bas de gamme nécessitent des modifications assez pointues pour l'harmo.
- Puissance: 5 Watts
- Canal: 1
- Haut-parleur: 1 x 6 pouces Special Design
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe d'ampli de puissance: 1 x 6V6GC
- Impédance: haute et basse avec sélecteur
- Réglages: volume et présence
- Poids: 6,8 kg
- Dimensions: 29 x 18,5 x 31 cm
- Prix: autour de €80,-
- Modifications possibles: c'est ici




L'Epiphone Valve Junior

L'Epiphone Valve Junior a su conquérir de nombreux harmoncistes en raison de la qualité de sa fabrication. Si, en plus, on y apporte quelques modifications, il se transforme en véritable tigre qui saura faire frémir le guitariste de votre groupe. Et aussi le batteur...
- Puissance: 5 Watts
- Canal: 1
- Caisson: semi-fermé
- Haut-parleur: 1 x 8 pouces Eminence
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe ampli de puissance: 1 x EL84
- Impédance: 2 sorties HP (8 Ohms et 4 Ohms)
- Réglages: volume et master
- Poids: 8 kg
- Dimensions : 25,5 x 42 x 45 cm
- Prix: autour de €130,-
- Modifications possibles: c'est ici et aussi ici

Le Harley Benton GA-5

Les spécialistes affirment qu'il s'agit là d'un "clone" de l'Epiphone Valve Junior. La marque allemande est en effet connue pour fabriquer des copies de modèles de référence, principalement des guitares. Pour le coup, notre "clone" n'est pas trop mal réussi, à un prix évidemment moindre que l'original.
- Puissance: 5 Watts
- Canal: 1
- Haut-parleur: 8 pouces
- Lampe de préampli: 1 x 12AX7
- Lampe ampli de puissance: 1 x EL84
- Impédance: 4 Ohms
- Sortie pour HP externe
- Réglages: volume et tonalité
- Poids: 10,5 kg
- Dimensions:
- Prix: autour de €100,-
- Modifications possibles: c'est ici

(A suivre)


Vidéo(s) de la semaine: Charlie Musselwhite dans son bureau...

En surfant, j'ai mis la main sur ces deux pépites. Dans la première, Charlie Musselwhite accueille un reporter de télévision dans le bureau de son domicile de Memphis (Tennessee). Dans la seconde, "Memphis Charlie" joue "In The Darkest Hours" accompagné à la guitare, toujours chez lui, par sa fille Layla. L'harmonica qui tourne "people": à savourer sans modération !
Charlie a par ailleurs été "nominé" dans cinq catégories des "Music Awards" 2011 de la "Blues Foundation", une organisation sans but lucratif qui s'est donné pour mission de "préserver" le blues. Charlie concourera dans les catégories "Meilleur instrumentaliste (harmonica)", "Blues traditionnel", "Artiste de l'année", "Album de l'année" et "Titre de l'année +Sad And Beautiful World+", de son album "The Well" sorti en août 2010. Les prix seront remis le 5 mai à Memphis.


Jason Ricci sur une scène à La Nouvelle-Orléans: "I'm back!"

Jason Ricci, dont on avait que très peu de nouvelles depuis qu'il avait congédié son groupe "New Blood" à l'automne 2010, a refait surface! Ricci, dont on pensait qu'il avait cédé à de vieux démons, a été revu début janvier sur la scène du "12 Bar", un club de La Nouvelle-Orléans où il s'est produit avec un nouveau guitariste, John Lisi, et "Big Chief Monk Boudreaux", l'un des chefs de "tribus" composant les défilés du Mardi-Gras dans l'ancienne ville française de la Louisiane. Le résultat est assez surprenant, comme en atteste la vidéo ci-contre. Selon le site internet officiel de la ville, nola.com, Ricci a formé avec Lisi un nouveau groupe "Approved By Snakes" (ABS, "Approuvé par les serpents") qui a donné le 8 janvier un concert gratuit à La Nouvelle-Orléans pour la fondation Tipitina. Selon une source proche de l'artiste, le groupe devrait entreprendre "rapidement" une tournée aux Etats-Unis. Voici, par ailleurs, sa page Facebook.

Jimmy Reed, le maître de la première position...

Dans les années cinquante, quel fut le plus gros vendeur disques de blues avec le plus de « singles » dans les « charts » ? Muddy Waters ? Faux! B.B. King ? Faux ! Little Walter ? Encore faux ! Ce fut le guitariste et harmoniciste Jimmy Reed, un p'tit gars de Dunleith (Mississippi).

Ses succès figurent au panthéon du blues: "Baby, What You Want Me To Do", "Bright Lights, Big City", "Going To New York", "Honest I Do", "Big Boss Man" –repris par Elvis Presley-- et "Ain't That Lovin' You, Baby". Le style de Reed était on ne peut plus simple: un rythme « boogie shuffle » un peu traînant soutenu par une « walking bass » assurée par son compère de toujours, Eddie Taylor. Et le tout agrémenté par un harmonica « country » joué, le plus souvent, en première position. Car Reed fut l'un des premiers professionnels à utiliser couramment la troisième octave pour ses enregistrements et son jeu a depuis été disséqué par nombre d'harmonicistes pour maîtriser les trous 7, 8, 9 et 10 où seuls les plus téméraires osent s'aventurer. La première chose à faire consiste à bien regarder où se trouvent les notes de la gamme, puis de la gamme blues, sur la troisième octave (notes soufflées en haut, notes aspirées en bas).

La seconde, et c'est le secret de Reed, consiste à apprendre à bien maîtriser les altérations soufflées, les "blow bends". Tout le jeu de notre homme consiste en effet à partir de la note altérée pour la "résoudre" en la laissant glisser dans la note franche, dans les trous 8, 9 et 10. L'altération blues la plus difficile est évidemment sur le trou n°10 où il faut parvenir à altérer le do d'un ton pour parvenir au si bémol.

En voici une l'illustration avec "Bright Lights, Big City", l'un des titres essentiels de la discographie de Reed qui, enregistré en 1956, comporte un sympathique petit solo joué dans la troisième octave (à 1'12" sur la piste audio ci-dessous, harmonica en la): 


Lorsque ce ce solo ne vous posera plus de problème, continuez à travailler la troisième octave avec 
"Honest I Do" et "Down in Virginia", deux autres classiques du grand Jimmy. Veillez à bien "traîner" sur les notes pour donner ce "feeling" sudiste à votre auditeur.

C'est en 1954 que Reed a enregistré son premier gros succès, "You Don't Have To Go", pour le label Vee Jay alors que le titre avait été refusé par Chess. Dès lors, le p'tit gars du Mississippi restera dans les "charts" jusqu'au début des années 60, année où Taylor l'a quitté pour entamer une carrière solo. Par la suite, miné par l’alcool, Reed ne se remettra jamais de la faillite de Vee Jay en 1966 et il est mort en 1976, à moins d'une semaine de son 51è anniversaire. Son influence sera pourtant phénoménale sur les maîtres du "swamp blues" louisianais, dont Lazy Lester et  Louisiana Red (ce dernier adepte du "bottleneck"), Juke Boy BonnerVan Morrison, les Rolling StonesElvis Presley et Tina Turner.