Micros spécial harmo: des "phares de vélo" à gogo (suite...)

Quatrième suite de ma série "micros phare de vélo" pour l'harmonica amplifé.




De gauche à droite:

- Melodynamic, modèle 75-A (cellule de type électro-dynamique à bobine mobile ) - Micro français, sous-marque du fabricant Melodium, utilisé dans de nombreux studios d'enregistrement et de télévision. dans les années 50. Aujourd'hui recherché pour son large diaphragme qui, paraît-il, donne le son "roots". N'en ayant jamais joué, je ne saurais confirmer...

- MKS, modèle 4 (pas d'information sur la cellule) - Micro en bakélite de forme classique pour notre instrument. Probablement des années 60.

- Big Mojo - Micro artisanal en bois fabriqué aux Etats-Unis. Remarquez le potard de volume. Existe également en "small" pour les petites mimines. Cellule à la demande. (site: www.mojohandmics.com/).

- Monsterharp, modèle Rocket Dynamic (cellule de type dynamique) - Un micro conçu en Allemagne dans une enveloppe en acier et en aluminium spécialement pour notre instrument. Prix: €169,- (site: www.monsterharp.de/en)


De gauche à droite:

- Neal, modèle DS 4452 (pas d'information sur la cellule) - Magnifique micro d'harmoniciste fabriqué au début des années 70 aux Pays-Bas. Extrêmement rare.

- Neat, modèle TM-1 (cellule dynamique) - Sous-marque américaine du géant japonais Onkyo, Neat a fabriqué ce micro à haute impédance (50 kilo-ohms) au milieu des années 60.

- Oktava, modèle MD-44 (cellule dynamique) - Micro d'origine russe fabriqué entre les années 50 et la fin des années 70. Son diamètre est parfait pour recevoir un élément Astatic.

- Onkyo, modèle TM-1 (cellule dynamique) - Voici le "vrai" TM-1 qu'Onkyo a commercialisé sous sa marque "Neat" aux Etats-Unis.http://www.monsterharp.de/en/

( A suivre...)

Howlin' Wolf ou quand le blues du delta épouse le swing

Chester Arthur Burnett, mieux connu sous le sobriquet de "Howlin' Wolf" ("le loup hurlant") a appris la guitare de Charley Patton, s'est frité avec Muddy Waters, a boeufé avec Jimi Hendrix, donné des cours de chant à Eric Clapton et appris l'harmo de Sonny Boy Williamson II.
Chester Burnett (10 juin 1910 - 10 janvier 1976)


Ses complices et ses enregistrements - Wolf a joué avec  Jimi Hendrix,  Pat Hare, Jimmy Rogers, Buddy Guy, Freddy King, Matt "Guitar" Murphy, Eric Clapton, Hubert Sumlin, Muddy Waters et Bo DiddleySes premières galettes datent du début des années 50 pour Sam Phillips et les Bihari Brothers dans les studio Sun de Memphis (Tennessee) et Modern de Los Angeles (Californie). Puis, de 1953 à 1973, il a travaillé exclusivement pour Chess Records à Chicago (Illinois). Parmi ses titres les plus marquants, il faut retenir "Moanin’ At Midnight", "All Night Boogie", "Tell Me", "Smokestack Lightnin’", "(Everybody’s) In The Mood" et encore "Baby Ride With Me".


Sa vie, son oeuvre - Né le 10 juin 1910 à West Point (Mississippi), le "Loup hurlant" est confié à la séparation de ses parents à Will Young, son oncle qui est prédicateur de la congrégation baptiste de White Church (Mississippi). "Wolf " chante rapidement dans le choeur mais, à 13 ans, les mauvais traitements le font rejoindre son père, Leon "Dock" Burnett, employé agricole à la plantation de Young et Morrow à Ruleville (Mississippi). Sa grande taille (1,88 m) et sa carrure (120 kg) lui valent déjà le sobriquet de "Big Foot Chester" ("Chester aux grands pieds"). Au début des années 20, il rencontre le guitariste Charley Patton qui lui donne ses premiers cours de guitare. Son beau-frère, Rice Miller alias Sonny Boy Williamson II, lui apprend les rudiments de l'harmonica. A la radio, il découvre Tommy Johnson, les Mississippi Sheiks, Tampa Red et surtout Jimmy "The Yodeling Brakeman" Rogers (rien à voir avec le guitariste homonyme Jimmy Rogers) dont il essaiera d'imiter la voix. En 1941, il est appelé sous les drapeaux où il sert jusqu'en 1945 dans les transmissions. Trois ans plus tard, il quitte la plantation dans sa propre voiture et avec 5.000 dollars en poche --une somme colossale pour un garçon de ferme-- et s'installe à West Memphis (Arkansas) où il est engagé par la KWEN, une station de radio "ethnique", c'est-à-dire "pour les Noirs". Il prend dans son groupe des harmonicistes comme James Cotton et Junior Parker, et des guitaristes comme Pat Hare et Matt "Guitar" Murphy. En 1951, il enregistre pour Sam Phillips "Moanin' at Midnight", son premier opus de référence. Wolf chante et joue de l'harmonica, Willie Johnson (à ne pas confondre avec "Blind" Willie Johnson) est à la guitare dans un style à mi-chemin entre Charley Patton et "T Bone" Walker, Willie Steele à la batterie et peut-être Albert Williams au piano, à moins qu'il ne s'agisse d'Ike Turner. Le disque, qui marie le swing au blues du delta, s'installe d'emblée en tête des "charts" et, en 1953, Wolf monte à Chicago (Illinois) où il enregistre chez Chess avec Otis Spann au piano, Willie Dixon à la basse, Earl Phillips à la batterie et Hubert Sumlin, un jeune guitariste alors inconnu qui fera toute sa carrière chez Burnett. En peu de temps, il s'installe comme une concurrence pour Muddy Waters qui tente notamment de débaucher Sumlin. Les succès s'enchaînent, la plupart composés par Willie Dixon: "No Place To Go", "Rockin' Daddy", "Baby How Long", "Evil (is goin' on)", "I'll be Around" ainsi que les célébrissimes "Spoonful" et "Wang Dang Doodle" (Wolf détestait ce dernier titre…). En 1961, c'est "Shake for Me", "The Red Rooster", "Down in the Bottom", "Goin' Down Slow" et "Ain't Superstitious". En 1964, il épouse Lillie Hanley et se range quelque peu des voitures: la "soul music" et le "rock'n roll" ont remplacé le blues sur les radios et Wolf met sa carrière en veilleuse. Jusqu'à ce qu'arrive l'"english invasion" du milieu des années 60 qui fait découvrir la "musique du diable" à un public de jeunes Blancs urbains. Des groupes comme les Animals, le Jeff Beck Group, les Yardbirds, Led Zepplin et les Rolling Stones interprètent ses morceaux. Il effectue une première tournée européenne avec Dixon, Sumlin, le batteur Fred Below et le pianiste Sunnyland Slim. Le 26 mai 1965, il se produit avec les Stones sur  "Shindig", une émission mythique de la télévision britannique. En 1970, il est grièvement blessé aux reins dans un accident de la route à Toronto (Canada) et devra suivre une dialyse jusqu'à la fin de sa vie. Il donne son dernier concert en novembre 1975 à l'Amphithéâtre de Chicago. Admis en décembre de la même année à l'hôpital des anciens combattants de Hines (Illinois), il décède d'une insuffisance cardiaque sur la table d'opération, le 10 janvier 1976. Il est inhumé au cimetière d'Oak Ridge de Hillside (Illinois) où Eric Clapton paya sa pierre tombale, visible ci-bas. En 1991, il est admis à titre posthume au Panthéon du rock'n roll.

Ecoute conseillée -  "Memphis Days – Volumes 1 et 2" (Bear Family): ses plus grandes premières galettes.
"His Best" (MCA/Chess): tout est dans le titre de l'opus.
"Real Folk Blues/More Real Folk Blues" (MCA/Chess): deux 33 tours sur un CD. Rien que du classique.
"Moanin’ In Moonlight/Rockin’ Chair" (MCA/Chess): encore une louche de classique.
"The Anthology" (Universal): double CD avec des plages inédites.


Quelques liens
http://slidingdelta.com/bluesmen/howling_wolf.html
http://rockin-records.over-blog.fr/article-howlin-wolf-62725159.html
http://www.howlinwolf.com/book/book_lrg.htm

Visionnage - Outre la performance absolument insensée que je vous avais proposée ici en décembre 2010 , voici "le loup hurlant" interprétant en 1966 l'un de ses grands classiques, "Smokestack Lightning". Le plan d'harmonica est on ne peut plus simple mais ô combien efficace:




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Jason Ricci refait surface sur ioutoube

Jason Ricci, dont je vous avais donné récemment des nouvelles ici, vit semble-t-il toujours à La Nouvelle-Orléans, comme en atteste l'une de ses --maintenant devenues-- rares apparitions iuoutoubesques. Sur cette vidéo enregistrée en avril à la "Julia Street Art Walk" dans la capitale de la Louisiane (à ma connaissance la plus récente mise en ligne), Jason interprète "Brocken Toy", l'une de ses compositions "fétiche". Ecoutez-bien les paroles de ce blues lent en Dm: sans vouloir faire de la psychologie de bazar, elles  révèlent bien la fracture de cet immense artiste. Côté pipole, le dernier bruit de fiottes rapporte que Ricci se serait marié... avec une femme! Mais rien sur le CD annoncé (sur Facebook) être en préparation avec "Approved By Snakes", le groupe qu'il a formé il y a déjà quelques mois dans la cité louisianaise avec notamment John Lisi à la guitare... Dave Renson, l'ancien guitariste de feu son mentor Pat Ramsey, qui accompagne Ricci sur le clip (par ailleurs sous éclairé...) propose toujours une compilation d'inédits de l'harmoniciste. Titre du CD: "Down That Road". Pour obtenir une copie, payer par PayPal $20,- (€14,75 au cours du jour) à majorbacon@cox.net. N'oubliez pas de faire figurer votre adresse postale sur l'ordre de paiement.


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Et puisqu'on l'aime bien Jason, le voici, invité sur la scène du Paradiso d'Amsterdam (Pays-Bas) par Walter Trout en 2008. Regardez, et surtout écoutez, Ricci mettre le feu à la taule. Chaud devant!


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Comment répéter ? La règle des "Cinq minutes par jour"

Comment répéter pour progresser sur notre instrument? Les recettes sont nombreuses et pas toujours digestes. Si vous avez l'estomac barbouillé à force d'en avoir essayé, imposez-vous un régime de "Cinq minutes par jour".


1) N'importe quel musicien désireux d'apprendre à jouer d'un instrument, quel qu'il soit, ne peut pas sérieusement prétendre qu'il n'a pas cinq minutes par jour pour répéter. Il ne s'agit que de cinq minutes par jour. Acceptez de vous imposer ces cinq minutes, n'importe quand dans la journée et vous franchissez la première haie: "Trouver le temps"...
2) Après avoir répété, n'importe quand pendant une semaine, cinq minutes par jour, essayez de répéter à la même heure chaque jour. Ou chaque midi, ou chaque soir mais à la même heure. Deuxième haie avalée: "Fixer le temps"...
3) Ces cinq minutes quotidiennes de répétition sont maintenant devenues "sacrées" pour vous. Vous ne tolérez aucune interruption et votre famille apprend rapidement à respecter ces quelques instants qui n'appartiennent qu'à vous. Troisième haie sautée: "Du temps pour une répétition ciblée"...
4) Répétez maintenant des aspects de votre jeu dont vous savez qu'ils doivent être améliorés: la 2è altération du troisième trou aspiré ou le vibrato sur le quatrième trou aspiré. Travaillez jusqu'à ce que vous vous soyez "approprié" la technique en question. La quatrième --et dernière-- haie est derrière vous: "Solidifier sa technique, pas à pas"...
Remarquez, il vous faudra peut-être une ou deux semaines pour effacer telle ou telle faiblesse de votre jeu. Mais la technique une fois acquise, vous n'aurez plus jamais à y revenir! Les cinq minutes passées, vous êtes libre d'aller vaquer. Bien sûr, si vous continuez à répéter au-delà des cinq minutes, cela peut être considéré comme un bonus. Traitez néanmoins ce temps de répétition supplémentaire de manière séparée à la discipline que vous être en train de vous imposer. Si vous vous faites cette promesse de répéter "cinq minutes par jour", il vous sera très difficile de vous saborder pour autant que vous restiez honnête envers vous-même. Si malgré tout, vous deviez ne pas pouvoir tenir cette promesse, je vous invite à vous ré-évaluer sur un plan personnel, de manière un peu plus approfondie que le seul apprentissage de l'harmonica. J'attends vos réactions. Dans quelques semaines, évidemment...

En novembre à Trossingen, les Harmonica Masters Workshops


Les 7è "Harmonica Masters Workshops" (HMW) auront lieu du mercredi 02 au dimanche 06 novembre prochains sur le campus Hohner nouvellement aménagé à Trossingen, au coeur de la Forêt Noire allemande. Ces classes de maître uniques en Europe seront une nouvelle fois données quelques-uns des plus grands instrumentistes mondiaux: Steve Baker (harmonica diatonique), Joe Filisko (harmonica diatonique), David Barrett (harmonica diatonique), Hermine Deurloo (jazz pour harmonica chromatique), Riedel Diegel (harmonica diatonique pour débutants) et Eric Noden (guitare). Les cours donnés en journée au Conservatoire Hohner seront suivis, en soirée, par des concerts et des "boeufs" au Kesselhaus, la salle de spectacle située à l'autre bout du campus.




Né à Londres, Steve Baker s'est affirmé en plus de 30 ans de carrière comme l'un des meilleurs spécialistes européens de son instrument. A l'aise dans le blues, le folk, le funk, la soul ou le jazz, il est par ailleurs un pédagogue réputé de l'harmonica pour lequel il a écrit plusieurs méthodes, dont le "Harmonica Handbook" qui est considéré par les spécialistes comme la méthode de référence. Il a enregistré de nombreux disques, a participé à d'innombrables sessions et passe une part importante de son temps sur les scènes internationales au côté notamment d'Abi Wallenstein, l'une des "légendes" allemandes du blues. Initiateur et directeur artistique des HMW, Steve a consitué récemment un duo avec le talentueux Dave Goodman, guitariste et chanteur né à Victoria (Colombie-Britannique, Canada) qui a partagé la scène avec John Lee Hooker et le Ford Blues Band. Site: http://www.stevebaker.de/index.php?language=en

Joe Filisko est considéré comme l'un des spécialistes les plus pointus de l'harmonica "pre- War" et certainement comme le plus grand "customiseur" exerçant sur cette planète. Pour ses harmonicas, légendaires dans le milieu, Joe s'est attaché la clientèle des professionnels les plus prestigieux tels Kim Wilson ou Rick Estrin. Désigné en 2001 "Instrumentiste de l'année" par SPAH, la plus grande association d'harmonica au monde, il a joué en 2006 au Panthéon de la musique country qui accueillait en son sein l'un de ses mentors, DeFord Bailey. Joe, qui enseigne sur les cinq continents, viendra à Trossingen pour la quatrième année consécutive. Il s'y produira en compagnie de son guitariste, Eric Noden, qui donnera lui aussi des cours. Site: http://filisko.com/index.html




Lorsqu'il est question d'harmonica, David Barret est sans doute l'auteur le plus publié au monde. Diplômé en musicologie, David a ouvert en 2002 une "école de blues" ("School of the Blues") à San José (Californie) où sont enseignés non seulement notre instrument mais également la guitare, la basse, le piano, la batterie et le chant. Nominé pour un Grammy Award pour sa collaboration a vec John Lee Jr sur l'album "All Odds Against Me", David a Charlie Musselwhite, Mark Hummel, Lee Oskar, Rod Piazza, James Cotton, Billy Boy Arnold, Jason Ricci, Paul deLay, Jerry Portnoy, Gary Primich, Howard Levy, Magic Dick, John Mayall, Annie Raines, Paul Oscher, Sam Myers, Snooky Pryor, Rob Paparozzi, Carlos del Junco, Lazy Lester, Kim Wilson et Junior Watson.  Site: http://www.bluesharmonica.com/home.



La Néerlandaise Hermine Deurloo, que je vous ai déja présenté ici,  est l'une des harmonicistes de jazz les plus connues au monde. Née à Amsterdam, elle est diplômée en saxophone alto du Conservatoire de Sweelinck (Pays-Bas) et a tourné dans le monde entier. Elle a notamment joué avec des musiciens aussi distingués que Tony Scherr, Han Bennink, John Engels, Willem Breuker, Candy Dulfer, The Metropole Orchestra, Al Jarreau, Michiel Borstlap, Bert van der Brink, Denise Jannah, The NoordPool Orchestra, Maarten van der Grinten, Ernst Glerum, Steven Bernstein et aussi Toots Thielmans. A Trossingen, elle donnera sa première masterclasse internationale. Site: http://www.herminedeurloo.com





Basé depuis 1994 à Chicago (Illinois), Eric Noden est considéré comme l'un des spécialistes mondiaux du "finger picking" dans la tradition du Révérend Gary Davis, Mississippi John Hurt et Tommy Johnson. Egalement auteur et compositeur, Eric a commencé la guitare à l'âge de huit ans. Il a travaillé avec Billy Boy Arnold, "Honeyboy" Edwards et Erwin Helfer et joué au Chicago Blues Festival, à l'Eslov Blues Festival (Suède), au Mississippi Valley Blues Festival, aux Harmonicales de Condat (France) et à Legends, le club de Buddy Guy à Chicago. Il a enseigné à l'Université du Wisconsin ainsi qu'à l'Old Town School of Folk Music de Chicago avec son complice Joe Filisko. Site: http://ericnoden.com/

Pour tous renseignements complémentaires et pour s'inscrire, merci de visiter l'adresse suivante: http://www.harmonica-masters.de/en/home/

Vidéo de la semaine: Bill Bizor, remora de Lightnin' Hopkins...

S'il n'avait enregistré avec son cousin, le prolifique Sam Lightnin' Hopkins (85 disques recensés), Billy Bizor serait probablement resté dans l'anonymat le plus total. Né le 03 septembre 1913 à Centerville (Texas), cet obscur harmoniciste de l'école dite "texane" est au contraire entré dans la lumière grâce à un documentaire tourné dans les années 60 par le folkloriste américain Les Blank, "The Blues According To Lightning Hopkins". Dans ce film d'une quinzaine de minutes que je vous propose ici, Bizor (qui se faisait également appeler Bizer ou Biser, ici à gauche sur la photo) fait la démonstration d'un style des années 30 que les puristes croyaient oublié. Ses premiers enregistrements aux côtés du grand Sam datent du début des années 60 sur le label Prestige. Par la suite, il a enregistré en 1969 un unique album sous son nom, sous la direction du producteur texan Roy Ames. Sur cet opus, "Blowing My Blues Away", il est bien sûr accompagné par Hopkins mais également par le bassiste des Blues Brothers, Donald DunnBizor n'a jamais vu la sortie de son disque  puisqu'il est décédé le 04 avril 1969 à Houston (Texas). Il repose au Forest Park Cemetery de cette ville. Voici un lien d'écoute gratuite de son grand'oeuvre: http://www.allmusic.com/album/blowing-my-blues-away-r88136.
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Boîtes d'harmos: entrez dans l'intimité des grands (saison 4)

Suite de ma série sur les boîtes d'harmos des grands et des moins grands dont vous pourrez retrouver la "saison 1" ici la "saison 2" ici et la "saison 3" ici...



De gauche à droite: un amateur bien équipé et particulièrement soigneux, le fabricant italien Plunz (site: http://www.plunzspecialharp.com/home_eng/index.php?Cases) et David Tanganelli (Italie).



De gauche à droite: trois amateurs. Remarquez, sur la photo de droite, un "Harp Commander III", modélisateur de 3è génération mis au point par l'ingénieur californien Ron Holmes (site: http://www.holmeseng.com/)



De gauche à droite: un exemplaire d'une "Slim case" (site: http://www.slimscustomcases.com/), un rangement en "cercle des quintes" (wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_des_quintes) et le Russe Boris Plotnikov (site: http://www.myspace.com/harmonicaboris)


De gauche à droite: le Suédois Örjan Hansson (site: http://ohw.se/), le Britannique Malcolm Gateley (site: http://www.harmonicaspace.com/profile.php?profileid=1202) et l'Américain Will Scarlett, l'ancien harmoniciste de Hot Tuna, groupe hippie mythique des années soixante (site: http://willscarlett.com/Will_Scarlett/Welcome.html)

Dernier solo pour Willie "Big Eyes" Smith

L'harmoniciste et batteur Willie "Big Eyes" Smith est décédé le vendredi 16 septembre à Chicago (Illinois) d'une crise cardiaque, nous apprend son site officiel. Né le 19 janvier 1936 à Helena (Arkansas), Willie Smith fut le batteur de Muddy Waters de 1959 à 1964, période au cours de laquelle il remplaça Francis Clay aux baguettes, et de 1968 à 1980. Mais avant de devenir batteur, Smith fut un harmoniciste de talent. En 1954, il avait formé un trio qui a beaucoup tourné dans la région de Chicago, avant d'accompagner Bo Diddley, Arthur "Big Boy" Spires et Johnny Shines. A la batterie, Smith a enregistré avec notamment James Cotton et Jo Jo Williams. Mais Smith restera dans l'Histoire du blues pour avoir fondé au début des années 80 le "Legendary Blues Band" avec Pinetop Perkins, Louis Myers, Calvin Jones et Jerry Portnoy. Cette "dream team" a été nominée à plusieurs Grammy Awards, a enregistré quatre albums essentiels sur le label Ichiban, accompagné Buddy Guy et Howlin' Wolf, et tourné avec Bob Dylan, les Rolling Stones et Eric Clapton. Il a en outre joué avec Waters dans le film "The Last Waltz" de Martin Scorcese et avec John Lee Hooker dans le premier épisode des "Blues Brothers" sorti en 1980. Considéré comme le "maître du shuffle" et "l'âme" du son de Chicago, Smith avait reçu l'an dernier le Grammy du Meilleur album de blues traditionnel, un opus enregistré sur le label Telarc avec son vieux complice Pinetop Perkins, décédé lui le 21 mars dernier.
Liens
Quelques autres sites dignes d'intérêt: http://dbpedia.org/page/Willie_%22Big_Eyes%22_Smith
Une vidéo de l'enregistrement de son dernier opus avec Perkins: http://www.youtube.com/watch?v=fsatR98VWT4&feature=related

Jerry Portnoy: "Légende vivante, c'est dur à assumer..."


Il a roulé sa caisse avec Arthur "Big Boy" Crudup, a joué au poker avec Freddie King, a partagé la scène avec Lightnin’ Hopkins, Dizzy Gillespie, Johnny Young et Lee Jackson, a été l'harmoniciste de Muddy Waters et tourné avec Eric Clapton... A 67 ans aux fraises, Jerry Portnoy a tout fait ou presque. "Parfois, j'ai l'impression qu'on me parle de quelqu'un d'autre", confesse-t-il.



Jerry Portnoy (25 novembre 1943)

Bercé par le blues – Jerry Portnoy est un petit veinard: dans les années 50, depuis le magasin de tapis de son père qui donnait sur la mythique Maxwell Street de Chicago (Illinois), il a vu et entendu les deux Walter (Horton et Jacobs) se produire sur ce marché grouillant et populaire. Mais aussi Robert Nighthawk, Magic Sam et d'autres encore. "Le blues a bercé toute mon enfance sans que j'y prête réellement attention. C'est comme si j'étais né dedans, comme s'il avait baigné mon subconscient", raconte-t-il. Portnoy n’a pourtant véritablement découvert "la musique du diable" qu’à la fin des années 60. "J’avais essayé d’apprendre la guitare, la basse et la batterie et ces essais infructueux m’avaient convaincu que je n’avais pas le sens de la musique. Mais la première fois que j’ai soufflé dans un harmonica, j’ai su que c’était faux". Portnoy s’est alors empressé de prendre des leçons chez Walter Horton et, en 1974, il intège le groupe de Muddy Waters --à cette époque au sommet de sa réputation-- où il prend le relais de George « Mojo » Buford. "Je me souviens de mon premier concert avec Muddy dans un stade de baseball à Indianapolis (Indiana). Lorsque le maître de cérémonie nous a présentés ("Ladies and gentlemen, the Muddy Waters Blues Band"), j’ai eu la plus forte poussée d’adrénaline de ma vie", assure-t-il. Avec Waters, il enregistre trois albums: "I'm Ready", "Muddy Mississippi Waters Live" et "King Bee".

 Avec le « Legendary Blues Band » - Six années plus tard, en 1980, il quitte Waters et forme le "Legendary Blues Band" avec Pinetop Perkins (piano et chant), Willie "Big Eyes" Smith (batterie), Peter Ward et Duke Robillard (guitares) et Calvin Jones (basse et chant). Fidèle au blues de Chicago dans lequel les racines du groupe sont plongées. Portnoy place deux compositions sur le premier album du groupe enregistré sur Rounder en 1981 ("Life Of Ease" et "Payback") tandis que "Crazy 'Bout That Thing" et "Money", deux autres de ses titres, figurent sur le second opus du groupe, l’excellent "Red Hot 'N' Blue" (Rounder, 1983). Boulimique, Portnoy fait parallèlement partie de la "Boston Blues Explosion", un groupe formé par le guitariste Jay Geils, le pianiste David Maxwell et le chanteur Darrell Nulisch. Fatigué par les tournées incessantes, Portnoy pose ses valises en 1986 et se retire du chaubiz pour s’installer à Waltham (Massachusetts) et devient rédacteur publicitaire. Mais le blues le démange et, en 1987, il forme avec le guitariste Ronnie Earl un nouveau groupe, les "Broadcasters". Puis en 1989, il fonde les "Streamliners" avec lesquels il sort un an plus tard "Poison Kisses" qui sera sera suivi, en 1995, par  "Home Run Hitter". Entretemps, il est engagé en 1991 par Eric Clapton qui vient de former son "All Star Blues Band". Portnoy enregistre avec le "guitare hero" britannique pour le label Warner Bros, d’abord "24 Nights" puis "From the Cradle", un opus qui le propulse sur le devant des scènes rock et pop. En 1993, il quitte Clapton pour faire une courte apparition en 1996 sur "A Man Amongst Men", un opus de Bo Diddley où il joue sur le titre "I Can’t Stand It".

Une légende vivante ? - Interrogé sur l’évolution du blues, Portnoy estime que "ce monde d’où il vient n’existe plus". "Tous ces musiciens nés au début du 20è siècle dans le delta du Mississippi et qui m’ont donné le blues en héritage ont, pour la plupart, disparu. J’ai eu énormément de chance de pouvoir les rencontrer et de pouvoir jouer avec eux", explique-t-il. "A l’issue de mes concerts, un peu partout dans le monde, on m’assure souvent que je suis devenu une légende vivante. Je trouve cela difficile à assumer parce que j'estime n'être qu’un modeste joueur d’harmonica", ajoute-t-il. Difficile à croire lorsqu’on balaie la carrière du musicien qui s’est produit à la Maison Blanche de Washington, le siège de la présidence américaine, le Carnegie Hall, le Radio City Music Hall et le Smithsonian à New York, le Royal Albert Hall de Londres. Il a également été invités par les festivals les plus prestigieux au monde parmi lesquels ceux de Newport (Rhode Island) et Montreux (Suisse), l’International Jazz Jamboree de Varsovie (Pologne) et la Grande Parade du Jazz à Nice. Sa discographie n’est pas moins impressionnante: il est présent sur plusieurs albums ayant remporté un Grammy Award et a été lui-même nominé pour ce trophée très envié en 1997 pour son travail avec le "Muddy Waters Tribute Band", une autre formation de haut niveau à laquelle il a participé. Il est en outre apparu dans les émissions les plus regardées aux Etats-Unis, dont Saturday Night Live, Soundstage, MTV, VH1 et le Disney Channel. Il a enfin donné des cours d’harmonica  au Berklee College of Music de Boston (Massachussets) et a publié en 2001 une méthode d’apprentissage qui fait référence.



Quelques Liens
http://harpjunction.com/

(Pendant toute sa carrière, Portnoy a été toujours été d'une mise impeccable. Admirez ici ses mocassins en peau de serpent et ses chaussettes au motif... disons original. J'ai volé la photo lors d'un passage du maitre chez Hohner à Trossingen, en Allemagne)


Le roi du blues lent - Portnoy a toujours dit de lui-même qu'il était paresseux et que, de ce fait, il préférait jouer lentement que vite. Si sa réputation de koala n'est pas surfaite --en tournée, il préfère rester dans sa chambre d'hôtel plutôt que de sortir diner en ville--, notre homme est reconnu comme ayant un timbre exceptionnel. Le voici à l'oeuvre dans l'une de ses pièces "fétiche", "Blues In A Dream", enregistré en septembre 2009 à Calvari (Italie). Sooo langourous beute sooo goude, Jerry...


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"B Radical": le procureur général de l'Illinois enquête...

Selon une radio américaine, le procureur général de l'Etat de l'Illinois enquêterait sur Bradley Harrison, le concepteur et fabricant du "B Radical" que des clients accusent de faillite frauduleuse.




Enquête sur des commandes payées mais pas livrées - Selon le site internet de la radio américaine WIFR, les services du procureur général de l'Illinois ont été saisis par le Better Business Bureau (BBB) de l'Etat qui, au cours des deux dernières semaines, a reçu quelque 65 plaintes de clients de Harrison Harmonicas (HH), la société installée à Rockford (Illinois) par Brad. Ces clients ont affirmé, furieux, au BBB que le fabricant ne leur a jamais livré les harmonicas "B Radical" payés à la commande jusqu'à 200 dollars US (environ 130 euros) pièce. HH aurait refusé de rembourser ces clients mécontents en leur promettant une livraison prochaine. Or début août, WIFR avait déjà rapporté que la firme avait fermé en catimini ses ateliers de Rockford. N'ayant plus d'interlocuteur sur place, le BBB a donc dû se tourner vers la justice. En effet, créés en 1912, les BBB ne constituent pas une agence du gouvernement américain. Il s'agit plutôt d'un réseau d'officines locales travaillant de concert pour établir un climat de confiance entre vendeurs et acheteurs. Le services du procureur travaillent actuellement sur cinq plaintes, dont une a été retirée, précise par ailleurs WIFR. La radio conseille aux clients de HH pensant avoir été grugés de remplir ce formulaire: http://www.ag.state.il.us/consumers/conscomp.pdf. Cette démarche préserverait les intérêts des clients de HH à l'étranger, et donc en France. WIFR précise qu'elle a cherché à entrer en contact avec Brad Harrison mais que celui-ci n'a pas retourné les appels.


Le "B Radical", un pari insensé - En janvier, le lover bleu vous avait présenté le "B Radical" ici et encore ici. "Vendu" comme l'harmonica diatonique du 21è siècle par son concepteur, personne ou presque ne pouvait en acquérir un rapidement aux Etats-Unis  et encore moins en Europe. Pour une raison simple: l'exigence de qualité avait été placée à un tel niveau que la production industrielle du "B  Radical" n'a jamais vraiment décollé: seulement quelques centaines d'exemplaires ont pu être fabriqués. Dernier avatar du sac de noeuds qu'était devenu le pari insensé de Brad (fabriquer en série un harmonica quasi "custom"): embauché par Harrison, Richard Sleigh, l'un des customiseurs les plus respectés de la planète harmonica, avait reçu pour mission de faire prendre de la vitesse à la chaîne de production du nouvel instrument, jugé à bien des égards révolutionnaire. Cela ne lui a apparemment pas réussi et début août, le "buzz" voulait que HH, le seul fabriquant d'harmonicas aux Etats-Unis, ait été vendu à des "intérêts étrangers"...