Micros spécial harmo: des "phares de vélo" à gogo (suite...)

Voici le troisième volet de ma série "Micros spécial harmo en phare de vélo" lancée récemment... Rassurez-vous: ce ne sera pas le dernier!


Comme dabe, de gauche à droite:

- Lafayette PA-42 (élément de type cristal) - Micro japonais datant vraisemblablement des années soixante. En bakélite, il est léger comme une demoiselle. Sa capsule de type cristal et son élégance (deux tons) en font une pièce recherchée.

- SK-9 "Little Honker" (élément de type dynamique) - Ce "petit aboyeur" de fabrication australienne récente dispose d'un élément mesuré à 500 ohms et d'une entrée "jack" qui le rendent éminemment sympathique. Sa taille liliputienne permet de bien travailler les effets de main.

- "Little Titan" (sans numéro de modèle) - Encore un de ces "e-mics" construit avec beaucoup de soin. Se tient facilement dans le creux de la main. Aucune indication sur la cellule qui, à vue d'oeil, devrait être dynamique.

- Loewe (sans nom ou numéro de modèle) - Cet intéressant "phare de vélo" de la firme allemande Loewe semble construit comme un char d'assaut.Aucune indication sur la cellule.




   - "Loud Bark" (sans numéro de modèle) - Ce micro en bois de fabrication italienne récente est équipé d'une prise XLR à trois broches. Aucune indication sur la cellule.

   - Lustraphone LD-61 "Lustrette" - Microphone en plastique de fabrication anglaise datant de la fin des années 50. La firme était spécialisée dans les micros à bande de haut de gamme. Aucune indication sur la cellule.

   - Magneta (sans nom ou numéro de modèle - Un micro français, enfin! Magneta est une PME créée en 1908 à Paris au capital exclusivement familial et qui a su s'adapter aux évolutions technologiques durant un siècle. Au début de sa longue histoire, la firme, dont le nom viendrait d'"electromagnétique", a bâti son succès sur le "courant faible" en commercialisant et en installant les horloges électriques Brillié, alors principal constructeur d'horlogerie industrielle en France. Son système de l'horloge mère --qui diffuse à plusieurs afficheurs reliés par un fil-- est vite devenu indispensable dans les locaux administratifs, les gares, les grandes usines ou les hôtels. De très nombreux appareils d'horlogerie, de contrôle du temps, de microphones puis de téléphonie et de sécurité ont été fabriqués cette société. Ces dernières années, l'apparition de la micro-informatique, de la micro-électronique et des technologies GSM et GPS a donné une nouvelle impulsion à son activité. Aucune indication sur la cellule.

   - Melodium (sans nom ou numéro de modèle) -  Un autre micro français fabriqué par la société éponyme. Dans les années 50, son modèle 75-A équipait toutes les stations de radio du pays. Aucune indication sur la cellule.

   (A suivre...)

Il y a 20 ans, Brendan Power introduisait un diato chromatique

Sommier "discret", "TurboSlide", ELX ou encore XB-40 Hohner: les tentatives pour faire évoluer l'harmonica diatonique ont été plus ou moins heureuses au cours de ces dernières années. Parmi les innovations apparues, le jeu "semi valvé"', compromis entre le diatonique et le chromatique, célèbre cette année son 20è anniversaire. C'est en effet en 1991 que le fabricant japonais Suzuki a mis sur le marché son modèle "Promaster MR350-V" sur une idée du virtuose néo-zélandais Brendan Power.


Qu'est-ce que le jeu "semi valvé" ? - L'affaire semblait pliée... Avec son "Marine Band 1896", icone d'entre les icones, Hohner pensait avoir défini une bonne fois pour toutes les composants d'un harmonica diatonique à dix trous: un sommier, deux plaques, deux capots, quelques clous, et basta! Lorsqu'en 1991, Suzuki  a dévoilé son "Promaster MR350-V" (photo ci-contre) qui permettait, pour la première fois, de jouer un diato chromatiquement, les oreilles de la firme de Trossingen se sont grandes ouvertes. Pour parvenir à cette chromaticité, Brendan Power a en fait "vendu" une idée simple au fabricant japonais: "équiper" un harmonica de valves, semblables à celles d'un chromatique. Officiant tel un clapet, ces petites languettes de plastique fixées sur les plaques empêchent en effet une lamelle soufflée de vibrer lorsqu'on aspire et, à l'inverse, une lamelle aspirée de vibrer lorsqu'on souffle. Avec cette modification dans chaque cellule, l'anche la plus grave va se comporter comme si elle était "toute seule" (l'anche opposée étant bloquée par la valve) et permettre l'altération. Il devenait donc possible d'altérer, en soufflant, les cellules 1 à 7 et, en aspirant, les cellules 8 à 10! Dès lors, un diato ainsi "semi-valvé" devenait un instrument chromatique avec lequel on pouvait, par exemple, jouer du jazz et/ou du classique... Pendant ce temps, et à peu près à la même époque, Howard Levy mettait au point ses "overblows"...



En lieu et places des "overbends" - Pour bien comprendre les possibilités ouvertes par un diato "semi-valvé", voici, pour un harmonica en Do, les diiférentes altérations possibles: celles portant un point bleu constituent les altérations "normales" tandis que celles dotées d'un point rouge, les altérations additionnelles sans faire appel à la technique des  "overbends". Certes, les "overblows" ont rendu Levy célèbre sur toute la planète harmonica mais ils n'en demeurent pas moins difficiles à acquérir et à contrôler. Mais je laisse Brendan vous expliquer tout cela (en anglais...):




Comment faire ? - Sur la photo ci-contre, voici à quoi ressemblent des "plaques semi-valvées" Seydel proposées par le fabricant de Klingenthal qui, contrairement à Hohner, a vite emboîté le pas à Suzuki. Pour peu que l'on soit un peu habile de ses doigts, il est possible de réaliser soi-même cette modification. Plutôt que d'entrer dans une fastidieuse digression, je préfère vous proposer une vidéo. La "leçon" porte certes sur un CX-12 Hohner mais les gestes sont les mêmes pour un diato. Un site français, très bien fait, vaut également le détour:

http://passionmusique.net/instruments/harmonica/diato-valve/




Avantages et inconvénients - Les partisans des harmos "semi-valvés" soulignent généralement 
une meilleure sonorité des altérations valvées par rapport aux "overbends" ainsi qu'une logique d'altération maintenue avec les altérations classiques. Le premier argument est bien entendu subjectif. Le second ne tient pas compte du fait qu'un "semi-valvage" peut influencer la fluidité d'un jeu dans toutes les tonalités. C'est probablement pourquoi, outre Brendan Power, aucun grand professionnel n'a opté pour cette modification pour un  jeu polytonal, à l'exception peut-être de P.T. Gazell. En outre, les valves sont des éléments mécaniques supplémentaires, donc sources de "panne". Elles peuvent se déformer et perdre leur efficacité. Ou encore se charger de micro détritus alimentaires et  se mettre à vibrer intempestivement ("buzzer").

Alors, comment ça sonne ? Pour le savoir, je vous laisse en compagnie de P.T. Gazell --un harmoniciste que je vous avais présenté ici--. Dans la première vidéo, P.T. explique pourquoi il a choisi de jouer un harmo semi-valvé. Dans la seconde, il démontre ce qu'il est possible de faire avec. Bon visionnage...



"Vache de Blues" 2011: Estrin-Forsyth, le couplé gagnant!

Trois mille spectateurs et des "valeurs": le 11è festival "Vache de Blues" d'Audun-le-Tiche (Meurthet-et-Moselle) a tenu toutes ses promesses... A retenir de la très riche programmation, les deux harmonicistes, Rick Estrin et (surtout) Guy Forsyth.

Cette 11è édition de la "Vache de Blues", bénie par la météo, aura donné une confirmation et permis une révélation. La confirmation est venue dimanche soir, à la clôture de ces très riches heures du Pays-Haut mosellan: Rick Estrin, l'harmoniciste de feu "Little Charlie and the Nightcats", s'est lâché pendant plus de deux heures sur la grande scène. Rick a prouvé qu'il n'avait plus rien à envier à son mentor, George Harmonica Smith, même s'il lui devait pas mal de choses. Voici une vidéo que j'ai prise lors du concert. Le morceau est un "collage" de "plans" à la Little Walter. Attention, ça swingue d'enfer!




La révélation est venue de Guy Forsyth qui, programmé sur la petite scène en milieu d'après-midi de samedi, aura mérité d'être présenté sous le grand chapiteau. L'énergie de cet artiste d'Austin (Texas) est proprement torrentielle. A ceux qui ne connaîtraient pas encore, je recommande son album "Steak" (pochette ci-contre) qui, publié en 2000, propose un blues-rock d'une facture surprenante.










Vidéo de la semaine: pour Arno, l'harmo "c'est sexe"!

Dans cette vidéo, le chanteur belge Arno, de son vrai nom Arnold Charles Ernest Hintjens, parle du blues... et du rôle de l'harmonica dans cette musique. Extraite du film documentaire ''Comme les hommes'' réalisé en 1998 par le producteur et réalisateur Marc Dixon (sorti en DVD en 2003), elle s'inscrit dans un portrait intimiste et touchant de ce chanteur déglingué et parolier iconoclaste souvent surnommé ''le Higelin belge'' ou encore ''le Tom Waits belge''. Les concerts de ce monument sont des moments d'anthologie!

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Pépite de la semaine: ''Lonnie" Glosson, le ''roi du hillbilly"

''Loonie'' (''Le solitaire'', en anglais) Glosson est considéré comme le ''roi de l'harmonica'' dans la musique hillbilly, la musique traditionnelle des Blancs aux Etats-Unis par opposition au rhythm and blues des Noirs. Né le 14 février 1908 dans le comté de White (Arkansas), Glosson a appris l'harmonica en partageant dès 14 ans la vie des ''hobos''. Son mélange de country, de bluegrass et de blues lui a permis de faire une carrière de 80 ans. Il est mort le 02 mars 2001 à Searcy (Arkansas). La ''pépite'' postée ici (et pardon pour la qualité sonore!) n'est pas sans rappeler un certain Sonny Terry.
Artiste: Lonnie Glosson
Titre album: (sans)
Morceau posté: ''Lonnie's Fox Chase'' (3'22'')
Genre: instrumental
Label: Conqueror n°8732A
Publication: 10 août 1936