Sonny Boy Williamson 1 et 2: les pères de l'harmo blues (2/2)

C'est l'une des questions que se posent fréquemment les harmonicistes impétrants, surtout s'ils s'intéressent au blues: "Quel est le +vrai+ Sonny Boy Williamson?". S'agit-il de John Lee Williamson, dont j'ai évoqué la carrière dans le premier épisode de cette série? Ou est-ce Aleck "Rice" Miller, ici en bouc et cigarette au doigt, qui jaloux du succès de son collègue en aurait usurpé le nom d'artiste? Une chose est sûre, cependant: ils ont chacun défini, à des titres divers, le "son" de l'harmonica blues. Voici pourquoi...




Aleck "Rice" Miller (Sonny Boy Williamson 2)
(1899/1908/1912 - 25 mai 1965)

Ses enregistrementsAleck "Rice" Miller dit "Sonny Boy Williamson 2" a enregistré entre 1945 et 1964 pour les labels Trumpet, Checker/Chess et Storyville.

Ses complicesElmore James, Josh White, Bobo “Slim” Thomas , Robert “Dudlow” Taylor, James “Peck” Curtis, Arthur “Big Boy” Crudup, Tampa Red, Willie Nix, Baby Boy Warren et Charles Clark.

Ses référencesMighty Long Time“, “Eyesight To The Blind“, “Help Me“, “Bye Bye Bird“, “One Way Out“, “Don’t Start Me To Talkin”.

Sa vie, son oeuvrené Aleck Ford dans le Mississippi, il a rapidement adopté le patronyme de son beau-père (Miller). Dans les années 30, Aleck Miller va développer ses dons musicaux dans les Etats du Sud, et particulièrement au Mississippi et dans l'Arkansas. Il y rencontre Robert Lockwood Jr avec lequel il est engagé par la station KFFA à Helena (Arkansas) pour animer une émission quotidienne sponsorisée par une minoterie. C'est sur cette émission, la "King Biscuit Flour Hour", qu'il se présente comme “Sonny Boy Williamson”, "empruntant" pour des raisons commerciales le patronyme d'un autre artiste de blues du moment, très populaire dans le Sud, John Lee "Sonny Boy" Williamson.
Lorsque Trumpet, sa première maison de disques fait faillite en 1955, il passe chez Checker, une filiale du célèbre label Chess de Chicago.
Il connaît alors sa période artistique la plus prolifique au cours de laquelle il compose et enregistre, parfois sur le coin d'un bar, ses titres les plus célèbres dont “Ninety-Nine“, “Bring It On Home To Me“ et “Nine Below Zero“.
En 1963, en tournée en Europe, il enregistre en solo et avec Memphis Slim, Matt “Guitar” Murphy à Copenhague et Stockholm.
Des pans entiers de sa vie restent encore mystérieux à ce jour. Ainsi, aucun de ses biographes n'a réussi à déterminer avec précision la date de sa naissance..

Une anecdotela légende veut que "Rice" Miller ait joué dans un bar de Greenwood (Mississippi) avec Robert Johnson  la nuit où ce dernier a été empoisonné, vraisemblablement par un mari jaloux, en 1938. Miller aurait arraché des mains de Johnson une première bouteille dans laquelle se trouvait de la mort-au-rat. Lorsque une deuxième bouteille est arrivée dans la loge, Johnson serait passé outre le conseil de Miller de ne pas y toucher.

Ecoute conseillée:
“King Biscuit Time” – Arhoolie (early Trumpet recordings)
“Goin’ In Your Direction” – Acoustic Archives (early Trumpet recordings)
“Clownin’ With The World” – Acoustic Archives (early Trumpet recordings)
“His Best” – MCA/Chess (Checker/Chess recordings)
“Real Folk Blues/More Real Folk Blues” – MCA/Chess (Checker/Chess recordings)

Visionnage conseillé:
American Folk Blues Festival Vol. 1
American Folk Blues Festival Vol. 2
American Folk Blues Festival Vol. 4 – British Tours

Pour en savoir plus:



(Copyright 2010: Dennis Gruenling - Adaptation: Robert Koch)




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