Joe Hill Louis: le roi des hommes-orchestre

Le "groove" lancinant de John Lee Hooker, les "plans" dépouillés de Sonny Boy Williamson II et les mélodies électrisantes du Dr Ross: Joe Hill Louis était tout cela à la fois. Guitariste au son électrique lourd et saturé, harmoniciste dans la riche tradition de Memphis (Tennessee), percussionniste efficace, il s'est imposé dans les années 50 comme le "roi" des hommes-orchestre. Sous le sobriquet de "Be-Bop Boy", il a enregistré pour Sam Phillips et a accompagné Rufus Thomas. En 1957, il est emporté par le tétanos. Il n'avait pas 36 ans...
Lester Hill, dit "Joe Hill Louis"
(23 septembre 1921 – 05 août 1957)

Ses enregistrements de référence - "Boogie In The Park", "I Feel Like A Million", "Western Union Man", "Cold Chills", "Tiger Man", "Hydramatic Woman".

 Sa vie, son oeuvre - Né Lester Hill le 23 septembre 1921 à Froggy Botttom ou Raines (Tennessee), Joe Hill Louis s'est retrouvé à la rue à 14 ans, au remariage de son père. Sans abri et en voie de clochardisation, il est recueilli par les Canale, une riche famille bourgeoise de Memphis qui en fait d'abord son domestique puis son chauffeur. C'est en séchant à coups de poing un petit caïd local qu'il gagne son premier nom de scène, Joe Louis, patronyme d'un champion de boxe de l'époque. Hill apprend en autodidacte la guitare, l'harmonica, la batterie et la guimbarde et décide de jouer, seul et ensemble, ces instruments pour ne pas avoir à partager ses cachets. En 1949, il anime sous le sobriquet de "Be-Bop Boy" une émission de blues sur la radio WDIA de Memphis. "Pepticon", fabricant d'un alcool de grain vendu en pharmacie, "sponsorise" rapidement l'émission et Hill devient le premier "Pepticon Boy". Le guitariste BB King sera le suivant... En novembre de la même année, l'un de ses mentors, Drew Canale, lui fait enregistrer quatre titres pour Columbia Records. Ces galettes attirent l'attention de Sam Phillips, un ingénieur du son qui n'avait pas encore créé le célébrissime label Sun Records. Hill enregistre deux titres, « Boogie In The Park » et « Gotta Let You Go », sur un 78 tours impossible à trouver aujourd'hui:



Ayant fondé Sun, Phillips reste fidèle à son artiste noir, l'un des seuls qu'il ait mis en boîte pendant sa longue et brillante carrière. Entre 1950 et 1953, Hill enregistre à seize reprises des titres qui sont publiés par Modern Records, un label de Los Angeles (Californie). Il publie notamment "Tiger Man", un  titre repris en 1993 par l'harmoniciste Kim Wilson. Dans la version postée ci-après, l'harmonica est joué par "Big"
 Walter Horton:



Hill enregistre encore avec Rufus Thomas avant de quitter Sun pour Meteor Records. Bien que n'étant pas originaire de Chicago (Illinois) ni ne portant le sobriquet de "Chicago Sunny Boy", il met en boîte sous ce pseudonyme, et probablement pour faire bouillir la marmite, l'un de ses meilleurs titres, "Western Union Man". La pièce a été publiée en 1953, sous le numéro 5004, par Meteor Records, à l'époque l'un des grands labels de blues de Memphis. A l'écoute, l'on s'imprègne avec bonheur du son primitif et puissant qui assura à Hill son succès phonographique.



En 1957, Hill s'inflige une profonde coupure à un doigt en faisant du jardinage pour les Canale. Quelques jours plus tard, il s'effondre alors qu'il joue sur Beale Street à Memphis. Le 05 août, il décède du tétanos à l'hôpital John Gaston où la chanteuse de blues Bessie Smith avait succombé, deux décennies plus tôt.











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