Le dernier Vincent Bucher: "Mali Denhou", le blues du Mali...

Vincent Bucher sort "Mali Denhou", un manifique nouvel album avec le grand artiste malien Boubacar Traoré avec lequel il avait collaboré en 2005 pour "Kongo Magni".

Un amoureux de l'Afrique, le vrai berceau du blues - Vincent Bucher est de retour avec un nouveau CD étonnant de retenue et de sensibilité ici en écoute "streaming" gratuite sur Deezer:
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Cette nouvelle collaboration avec Boubacar Traoré, après "Kongo Magni" sorti en 2005, enracine encore davantage Bucher dans une musique "roots" africaine qu'il n'a eu de cesse de célébrer depuis que dans les années 80, il s'était associé au grand guitariste malgache Solo Razaf au sein de Zouma, groupe qui combinait les influences conjuguées du rythm'n blues et des musiques tropicales. Avant de partir aux Antilles avec le groupe de reggae Krucial Age, il a enregistré avec Janet N'Dyaye, Tom Diakité et Henri  Dikongué. Sans oublier "Love Call" enregistré avec Tao Ravao, une fusion «blues malgache» qui amènera le duo à tourner non seulement en France mais aussi au Canada, à Austin (Texas) et dans plus de 15 pays d’Afrique australe et orientale. Trois autres albums suivront: «Tany Manga», «Hé là bas» et «Soa». Dans ce registre, il fait en 1996 la rencontre du chanteur et guitariste malien Lobi Traoré qui l'emmène au Mali et au Burkina Faso pour enregistrer "Duga".


Découvert par "Sugar Blue" - Début 98, il part avec Tao Ravao et Lobi Traoré pour un long périple musical en Afrique de l’Est qui lui permettra de cotoyer de grands artistes originaire du Kenya, d’Ethiopie et du Zimbabwe. Parallèlement à toutes ces aventures, cet harmoniciste d'exception, qui n'a pas la reconnaissance qu'il devrait avoir, n'a jamais cessé de se produire en clubs et dans des festivals blues en tant que leader, chanteur ou instrumentiste, insufflant son énergie et son expérience à un répertoire intense. Qui sait, en effet, que Bucher a été découvert dans le metro de Paris par un autre harmoniciste, l'Américain Sugar Blue, qui lui a donné son premier amplificateur. Boubacar Traoré et Vincent Bucher s'inscrivent ici dans la tradition du blues malien révélé au grand public il y a une dizaine d'années par Ry Cooder, qui propulsa Ali Farka Touré (disparu en 2006) sur les scènes internationales, et Martin Scorcese, avec son film "Du Mali au Mississippi".

Deux albums dépouillés à l'extrême - Révélation des années 90, le blues malien sait aussi se faire tonitruant avec Abdoulaye Traoré et Mohamed Diaby qui forment "Debademba" (Chapa Blues/Naïve) et leur magistral premier album qui puise dans l'afro-rock, le blues et le folk. Avec ses échos arabo-andalous et ses évocations du Wassoulou, leur musique se nourrit à l’évidence à de nombreuses sources d’influences, comme sur" Ma", hommage à la mère d’Abdoulaye, et "Takama", célébration de l’art de la rencontre, "la base de l’esprit Debademba". "On fait avant tout du groove africain", résume Mohamed qui, sur "Kiefali", rend hommage aux Africains déportés et salue la mémoire de Thomas Sankara, son président qui fut exécuté en 1987.
Sur "Sahel Folk" (Trill Jockey/Differ-Ant), Sidi Touré, chanteur et guitariste du Nord du Mali, invite plusieurs guitares traditionnelles et classiques avec lesquelles il dialogue. Comme pour mieux démontrer que, plus que toute autres musique, le blues, surtout lorsqu'il est malien, est un genre musical chevillé au corps de ses origines géographiques. Comme s'il n'était jamais parti des rives du fleuve Niger pour aller s'échouer sur celles du Mississippi.

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